Le dispositif MaPrimeRénov’ va-t-il être maintenu ? Principale aide publique à la rénovation énergétique des logements privés, le dispositif MaPrimeRénov’ a été suspendu depuis le 23 juin jusqu’à la mi-septembre pour les rénovations d’ampleur, à savoir celles qui associent plusieurs gestes de travaux coûtant en moyenne 40 000 euros. Alors que le gouvernement appelle l’ensemble des Français à se serrer la ceinture afin de réaliser près de 44 milliards d’euros d’économies pour le prochain budget, cette volonté de réduire la dette publique signe-t-elle la fin du dispositif ? Non, a répondu la ministre de la Transition énergétique. Invitée sur le plateau de France 2 vendredi 18 juillet, Agnès Pannier-Runacher a indiqué que «le dispositif est très clairement maintenu». «Il y a des cas précis où nous sommes en train de finaliser des textes pour lutter contre la fraude», a toutefois nuancé la membre de l’exécutif.

Alors qu’il existe aujourd’hui bel et bien une suspension du dispositif décidée par le gouvernement, Agnès Pannier-Runacher a tenu à préciser que cette suspension ne concerne que «quelques dispositifs» et assure que les dispositifs de MaPrimeRénov’ seront bien maintenus pour l’année prochaine. «Je me suis battue pour ça […] La dette financière n’efface pas la dette écologique», a-t-elle encore ajouté.

Les acteurs locaux inquiets d’une possible baisse des subventions

Alors qu’il n’est désormais plus possible de déposer de dossiers pour les rénovations dites d’ampleur, une réouverture du dispositif est prévue pour le 15 septembre prochain. Pour autant, dans le détail, certains volets de MaPrimeRénov’ sont toujours ouverts. C’est le cas du parcours par geste, MaPrimeRénov’ Copropriété, MaPrimeAdapt’ ainsi que Ma Prime Logement Décent.

Une question reste toutefois en suspens avant la réouverture du dispositif : les subventions accordées seront-elles revues à la baisse en cette période où les recherches d’économies pour réduire la dette se font de plus en plus en pesantes ? Les acteurs locaux craignent en effet cette hypothèse, si bien que plusieurs d’entre eux, à l’instar de l’Association des maires de France (AMF) ou du réseau Cler pour la transition énergétique, ont envoyé une lettre ouverte au ministère de l’Économie, rapporte le site batiweb. Ces derniers demandent ainsi à Bercy de «sécuriser un budget de 5 milliards d’euros à l’Agence nationale de l’habitat (Anah)» pour le dispositif dans le cadre du prochain budget pour 2026, de même que de garantir «une politique et un budget pluriannuels» pour plus de stabilité.