Alors que vous vous apprêtiez à solliciter des artisans afin d’obtenir un devis pour installer une pompe à chaleur air/eau dans votre maison, vous avez entendu dire qu’il n’est plus possible de demander MaPrimeRénov’ depuis ce lundi 23 juin ! Sans la principale aide publique à la rénovation énergétique des logements privés, vous voilà Gros-Jean comme devant, pensez-vous… Rassurez-vous, seules les rénovations énergétiques dites d’ampleur, associant plusieurs gestes de travaux et coûtant en moyenne 40 000 euros, ne peuvent plus faire l’objet d’une demande de MaPrimeRénov' depuis lundi dernier et jusqu’au 15 septembre.

Vous pouvez en revanche continuer à déposer un dossier pour une rénovation énergétique dite monogeste, comprenant un seul geste de travaux, relatif à l’isolation des murs, du toit, des fenêtres, ou à l’installation d’un système de chauffage décarboné ou d’un chauffe-eau écologique. Des rénovations qui coûtent 10 fois moins cher que les rénovations globales, soit 4 000 euros en moyenne selon le ministère du Logement.

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Une longue liste de travaux monogeste

A vrai dire, vous avez eu chaud car, début juin, le ministère avait annoncé que les rénovations par geste seraient elles aussi concernées par la suspension temporaire de MaPrimeRénov’, destinée à réguler l’engorgement du guichet de demandes et la multiplication des cas de fraude. Lors d’une conférence de presse, ce mercredi 25 juin, la Fédération française du bâtiment (FFB) a rappelé avoir obtenu du ministère, le 17 juin, que les rénovations par geste échappent finalement à la fermeture estivale du guichet MaPrimeRénov’. «Trois mois d’arrêt pour les rénovations monogeste, cela aurait mis à genoux beaucoup d’artisans !», s’exclame Olivier Salleron, président de la FFB.

Installation d’une chaudière fonctionnant au bois, d’une pompe à chaleur air/eau, d’un équipement de fourniture d'eau chaude sanitaire fonctionnant à l’énergie solaire thermique, dépose d’une cuve à fioul, isolation des murs en façade ou de pignon… La liste des rénovations par geste pour lesquelles vous pouvez continuer à demander MaPrimeRénov’ cet été est longue.

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14 versions de MaPrimeRénov’ en cinq ans

Quant au montant de l’aide, il dépend de vos revenus. Par exemple, pour les travaux concernant le chauffage et l’eau chaude sanitaire, une aide forfaitaire de 1 200 à 18 000 euros est accordée aux ménages très modestes, en fonction de la nature précise des travaux. La fourchette est de 750 à 18 000 euros pour les foyers modestes et de 400 à 18 000 euros pour les ménages aux revenus intermédiaires. Cette dernière catégorie est définie par un revenu annuel compris entre 51 000 et 70 382 euros pour une famille de trois personnes résidant en Ile-de-France, tandis que la fourchette est de 38 719 à 54 071 euros en dehors de la région capitale.

Alors que MaPrimeRénov’ deviendra moins avantageuse pour les rénovations d’ampleur à la réouverture du guichet mi-septembre, les règles d’éligibilité à MaPrimeRénov’ pour les gestes uniques de travaux ne devraient «a priori» pas changer, selon le ministère du Logement. Qui projette cependant de «hiérarchiser les gestes prioritaires et d’utiliser au mieux les fonds publics alloués à cette partie du dispositif». Depuis sa création il y a cinq ans, «il y a eu 14 versions de MaPrimeRénov’ !», déplore Olivier Salleron. Pour le président de la FFB, ces séquences de «stop and go et de complexité administrative», qui découragent les ménages d’entreprendre des travaux, ne sont pas étrangères à la baisse d’activité du secteur de la rénovation énergétique des logements depuis le quatrième trimestre 2024. Le patron de la FFB n'en reconnaît pas moins que, «oui, il faut peut-être adapter les rénovations d'ampleur. Oui, un plafond de travaux de 70 000 euros et un bonus de 10% en cas de sortie du statut de passoire thermique, c'est peut-être trop et cela a amené des escrocs à s'y engouffrer».