Voilà une donnée qui devrait particulièrement intéresser les candidats des prochaines élections municipales. Selon le baromètre logement Odoxa-Nexity pour BFM et Capital*, dont la troisième version vient d’être dévoilée en ce mois de février, 71% des électeurs affirment que les propositions des aspirants maires sur la question du logement auront une importance particulière au moment de voter. Une proportion en adéquation avec le fait que 7 Français sur 10 (69%) estiment que l’accès au logement dans leur commune est difficile.

Ce chiffre grimpe chez les habitants de région parisienne (78%) et les locataires (80%). Une évolution qui s’explique par la chute de 15% de l’offre locative en France depuis cinq ans et le non-respect de l’encadrement des loyers pour un tiers des annonces de la capitale (29%) selon une étude de l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers, consommation, logement et cadre de vie (CLCV), datant de l’année dernière.

Plus de logements, plus d'encadrement

C’est pour ces raisons que, là encore, un peu plus de 7 Français sur 10 (72%) interrogés souhaitent que leur ville augmente la part de logements disponibles, que ce soit par de la rénovation d’anciens bâtiments ou la sortie de terre de nouvelles habitations. Un avis qui se hisse à 85% chez les locataires mais aussi chez les jeunes, pour à peine descendre à 79% concernant les résidents de grandes villes. De quoi mettre du plomb dans l’aile à l’adage bien connu «maire bâtisseur, maire battu».

Concernant l’encadrement des loyers, même dynamique. Si 71% des personnes interrogées se déclarent en faveur de ce dispositif censé garantir des prix plus bas et stables, cette proportion grimpe à 81% chez les locataires. Fait pour le moins surprenant à relever : deux tiers des propriétaires (66%) estiment l’encadrement des loyers comme une bonne chose. Pour accéder au logement, les Français sont prêts à se tourner vers plusieurs dispositifs.

Le bail réel solidaire et le dispositif Jeanbrun, deux solutions en réponse au manque de logements

Et l’un d’entre eux est le bail réel solidaire. Instauré définitivement en 2017, ce mécanisme, accessible sous condition de revenus, permet d’acquérir un logement, la partie bâtie plus précisément, à un prix défiant toute concurrence, de l’ordre de 25% de moins en moyenne. En contrepartie, vous devez louer le terrain, la partie non bâtie, à l’Organisme Foncier Solidaire qui vous fait un prix très réduit pour un bail compris entre 18 ans et 99 ans. La décision d’une vie qui semble une bonne solution pour les deux tiers des personnes interrogées (67%), 38% d’entre eux étant possiblement intéressés. Un pourcentage qui monte à 49% chez les habitants de région parisienne et 57% chez les locataires souhaitant accéder à la propriété !

Un autre dispositif, cette fois-ci plus récent, fait de l'œil aux Français : le nouveau statut du bailleur privé, adopté dans le budget 2026, et plus communément appelé dispositif Jeanbrun, du nom du ministre délégué chargé du Logement. Son objectif : relancer l’investissement locatif privé en permettant un abattement fiscal pour les nouveaux propriétaires sur les loyers les premières années. Trois quarts des personnes interrogées (73%) estiment que c’est une bonne idée afin de relancer le nombre de logements disponibles à la location. Quant à une possible utilisation, les proportions sont similaires à celle du bail réel solidaire : 35% se disent intéressés, part qui grimpe à 53% chez les locataires désireux de devenir propriétaires. Reste à voir si cela se traduit dans les faits.

*Enquête réalisée les 4 et 5 février 2026 auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.