Après plus de deux longues années de procédures judiciaires, un couple de sexagénaires devait être soulagé de retrouver leur logement à La Chapelle-Viviers, dans la Vienne. C’était sans compter sur l’état dans lequel ils ont retrouvé l’habitation. Depuis trente-trois mois, leur locataire ne payait plus son loyer. La justice avait prononcé son expulsion le 9 août dernier, laissant un mois au locataire pour venir débarrasser ses affaires de la maison, avant que les clefs ne lui soient retirées. Mais il ne s’est jamais présenté.

Le 7 octobre, le couple a donc récupéré sa maison et découvert le désastre : moisissures, odeurs nauséabondes et un sol jonché de détritus. «Le parquet était déformé, il y avait des griffures sur les murs, des traces d’urine de chat et même des crottes de chat», se souvient le propriétaire, au micro de France Bleu Poitou. Le locataire n’a, bien sûr, pas vidé le réfrigérateur : de la viande y a pourri et des asticots se sont installés. «Ça sentait vraiment la mort», déclare le propriétaire.

3 850 euros de nettoyage

Pour remettre en ordre le logement, le couple fait appel à une société de nettoyage. Mais le devis s’élève à 3 850 euros. Le couple chiffre également les dégâts matériels à 1 500 euros, sans compter les frais d’huissier. Le locataire, insolvable, ne pourra régler la note. «Nous n’avons pas les moyens de payer cette somme», regrettent les sexagénaires, qui ont lancé un appel à l’aide pour leur prêter main-forte à remettre la maison en état.

Pour les propriétaires, il est possible de faire délivrer un commandement de payer après l’absence de perception de deux loyers. Il est ainsi d’usage d’adresser une première lettre recommandée au locataire après un loyer demeuré impayé, puis de relancer et/ou de transmettre directement le dossier au commissaire de justice pour délivrance de l’acte. Selon la loi, le locataire dispose d'un délai de six semaines pour payer sa dette. Au-delà, le juge saisi du contentieux ne pourra que constater la résiliation du bail. Une fois la décision de justice prononcée, le locataire devient occupant sans droit ni titre et reçoit un commandement d’avoir à quitter les lieux sous deux mois. À l’issue du délai, si l’ex-locataire n’est pas parti, le commissaire de justice est autorisé à procéder à l’expulsion.