Qui seront les premiers à essuyer les plâtres, et dans quelle mesure ? La Première ministre, Élisabeth Borne, en interview sur Franceinfo ce mardi 3 janvier, a clarifié quelques points déjà connus de la réforme des retraites. Le gouvernement ne prévoit pas de toucher à l’âge d’annulation de la décote, qui restera à 67 ans, et ne relèvera pas non plus le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir le taux plein. La réforme Touraine (du nom de la ministre des Solidarités et de la Santé sous la présidence de François Hollande) prévoit de le relever progressivement à 172 trimestres (soit 43 ans) pour les générations nées à partir de 1973. Le gouvernement n’ira pas au-delà sur ce paramètre.

La locataire de Matignon doit encore échanger avec les partenaires sociaux ce mardi et ce mercredi sur le point central de la réforme : l’âge de départ à la retraite. Emmanuel Macron a rappelé lors de ses vœux, le 31 décembre, son intention de lancer rapidement la réforme des retraites avec une application des premières mesures “dès la fin de l’été” 2023. Il n’a cependant rien dit sur l’âge de départ. Élisabeth Borne avance elle aussi prudemment. “Dans la campagne présidentielle, dans la campagne des législatives, on a porté une réforme qui décale l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Ce n’est pas un totem, a-t-elle affirmé sur Franceinfo. Il y a d’autres solutions qui peuvent permettre d’atteindre ce qui est notre objectif, l’équilibre de notre système de retraite à l’horizon 2030, donc sur tous ces sujets on continue à discuter avec les organisations patronales et syndicales et avec les différentes formations politiques qui sont représentées au Sénat et à l’Assemblée nationale.”

Si les 65 ans ne sont pas un totem, la porte reste encore ouverte à d’autres solutions. Mais sans toucher aux cotisations et au niveau des pensions, qui sont considérées comme des lignes rouges par le gouvernement, la marge de manœuvre est très étroite. D’après des chiffres communiqués par le ministère du Travail, deux scénarios sont possibles pour rétablir l’équilibre du régime : reporter l’âge légal à 65 ans ou s’arrêter à 64 ans, mais accélérer la réforme Touraine qui consiste à allonger la durée de cotisation d’un trimestre toutes les trois générations. Aller plus vite consisterait à faire évoluer le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein à un supplémentaire toutes les générations.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital À partir de 1€ le premier mois
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement