Après plusieurs mois de désaffection, le Livret A pourrait retrouver des couleurs. Son taux de rémunération, actuellement fixé à 1,5%, devrait être relevé à partir du mois de juillet sous l'effet du regain de l'inflation, selon le directeur général de la Caisse des Dépôts, Olivier Sichel. Invité de Public Sénat ce jeudi 11 juin, le dirigeant a indiqué qu’«on s’attend à ce que le taux qui est fixé par le ministre de l’Economie et des Finances soit remonté le mois prochain». Une hausse qui pourrait porter le rendement du placement préféré des Français aux alentours de 1,8%.

Le taux du Livret A n'est pas fixé librement. Il est calculé selon une formule réglementaire prenant en compte l'évolution des prix et les taux d'intérêt à court terme. «Ce n’est pas la Caisse des dépôts qui le fixe. C’est une formule arithmétique, on prend la moyenne entre l’inflation et les taux courts», a rappelé Olivier Sichel. Selon lui, cette méthode conduit actuellement à un taux «aux alentours de 1,8(%), (…)comme malheureusement il y a une inflation qui croît».

Une épargne de précaution à des niveaux historiques

La décision finale appartient toutefois au ministre de l'Economie, après consultation du gouverneur de la Banque de France. «Je pense qu’il suivra la formule, mais c’est sa décision qu’il prend après avis du gouverneur de la Banque de France en fonction des paramètres économiques», a estimé le directeur général de la Caisse des Dépôts. Cette évolution intervient dans un contexte de reprise de l'inflation. En mai, la hausse des prix en France a atteint 2,4% sur un an, portée notamment par la flambée des coûts de l'énergie dans un contexte de tensions au Moyen-Orient.

Cette incertitude économique pousse les ménages à conserver une importante épargne de précaution. Selon les dernières données de la Banque de France, le patrimoine financier des Français a atteint un niveau record de 6 590,5 milliards d'euros à la fin de l'année 2025. «Cela traduit une inquiétude. Les Français sont inquiets parce que la conjoncture économique s'obscurcit et donc ils ont un réflexe d'épargner», analyse Olivier Sichel. Il observe toutefois un atout pour l'économie : «J’y vois aussi une opportunité parce qu’un pays qui a beaucoup d’épargne, c’est un pays qui a une grosse capacité d’investissement».

Le dirigeant a également tenu à rassurer les épargnants sur le devenir de leurs économies : «la Caisse des dépôts, elle gère l’épargne des Français. C’est leur épargne, ce n’est pas des impôts, c’est très différent.» En avril, les retraits ont encore dépassé les dépôts, entraînant une baisse de l'encours de 1,28 milliard d'euros, soit le quatrième mois consécutif de décollecte. Les quelque 58 millions de Livrets A détenus par les Français représentent néanmoins toujours un encours considérable de 445,2 milliards d'euros.