
Chaque année, les fraudes aux transports franciliens représentent un manque à gagner colossal : 700 millions d’euros, répartis différemment selon le mode de transport. Car si en moyenne le taux de fraude est évalué à 8%, il varie énormément. S’il équivaut à 4,8% dans les métros et RER opérés par la RATP, il grimpe à 15,2% dans les bus, à 16% dans les tramways et même jusqu’à 26,7% dans les Noctiliens. Pour les RER, trains et tramways opérés par la SNCF, le taux de fraude oscille entre 9% et 11%.
Le réseau de surface subit donc fortement ces fraudes. Cependant, si la fraude est moins importante dans le métro, elle cache encore des disparités selon les stations et les arrondissements parisiens. Le plus fort taux a été relevé à Château-Rouge (ligne 4) avec 17,3%, devant deux stations de la ligne 12 : Aimé Césaire (16,7%) et porte de la Chapelle (15,1%). Autant de stations situées dans le nord-est de la capitale. Mais la situation est encore plus alarmante dans le bus. Selon les données d’Île-de-France Mobilités (IDFM), en plus des 15% de fraude il faut ajouter 7,5% de défaut de validation.
Jusqu’à 63% de fraudes sur une ligne de bus
Certaines lignes de bus en banlieue parisienne sont particulièrement touchées. C’est le cas du bus 356 (Deuil-la-Barre - Saint-Denis) avec 63% de fraudes, mais également du bus 4203 (Coudray-Montceaux - Evry, 45%) et des bus 4308 & 4318 (Auvernaux - Echarcon et Champcueil - Ormoy, 40%). Enfin, sur le tramway, trois lignes sont particulièrement touchées : le T1 (Asnières - Noisy-le-Sec) avec 25% de fraudes, le T5 (Saint-Denis - Garges-Sarcelles) 24%, ainsi que le T11 (Epinay-sur-Seine - Le Bourget) 14,5%.
Dans ce contexte, Valérie Pécresse, présidente de Région et d’Île-de-France Mobilités, a lancé un vaste plan de lutte. Objectif : récupérer près de la moitié du montant total de ces fraudes, soit 300 millions d’euros. Ainsi, dès le 17 février, sur ces lignes où le taux est le plus élevé, des opérations de «contrôle continu» vont être menées en plus des contrôles classiques. Au total, 500 agents vont être dédiés à ces opérations avec le soutien de la Brigade régionale de transport d’Ile-de-France Mobilités.
Caméras-piétons, agents de contrôle…
La présidente de région peut s’appuyer sur la loi Savary permettant aux opérateurs de vérifier l’adresse d’un contrevenant et ainsi recourir à la somme due. Les agents de contrôle peuvent également porter des caméras-piétons. A terme, IDFM espère mettre en place un partenariat avec l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions afin de faciliter le suivi automatisé et les courriers de relance.
Le Syndicat de transport s’attend à des résultats probants puisqu’elle a déjà mené une opération similaire pendant une dizaine de jours au début du mois d’octobre 2024. Après 700 contrôles le taux de fraude avait été divisé par deux. Des actions de sensibilisation vont aussi être mises en place pour rappeler l’importance de validation d’un titre de transport. IDFM se félicite enfin qu’une application comme Akha, permettant de localiser les agents de contrôle, ait été interdite. Un baromètre de suivi de fraude sera mis en place sur les lignes les plus impactées afin de mesurer l’évolution de ces dispositifs.



















