Frauder dans les transports en commun franciliens va coûter beaucoup plus cher dès le début du mois de juin, annoncent la RATP et Ile-de-France Mobilités (IDFM). Alors que la fraude représente 1,7 million d’infractions chaque année sur l’ensemble du réseau, et donc plusieurs millions d’euros de pertes, les deux opérateurs passent à l’action. Ainsi, pour les infractions tarifaires de troisième classe, les amendes augmentent de 20 euros pour tout passager voyageant en situation irrégulière ou pour franchissement illicite. L’amende passe donc à 70 euros.

Si le paiement est différé (dans la limite de 90 jours), le montant atteint 120 euros. Et si un usager ne valide pas son titre de transport dans un bus ou un tram, il encourt une amende de 15 euros (65 euros en paiement différé). A noter que l’amende forfaitaire majorée est fixée dans tous ces cas à 180 euros. En ce qui concerne les infractions comportementales de quatrième classe, la nouvelle amende est fixée à 150 euros et à 200 euros en cas de procès-verbal. Si un usager est pris sur le fait en train de fumer ou de vapoter, il risque 125 euros d’amende (185 euros en cas de procès-verbal). Dans ces cas précis, l’amende forfaitaire majorée peut atteindre 375 euros.

1 000 agents dédiés à la lutte antifraude

La RATP et IDFM indiquent que les tableaux mentionnant ces changements seront mis à jour dans les différentes stations d’ici le 2 juin. Durant les premiers jours, les agents de contrôle sont invités à faire preuve de pédagogie, avant de verbaliser. Ces nouvelles amendes s’inscrivent dans le plan d’action ambitieux mis en place par la RATP et IDFM qui se structure autour de quatre axes : prévenir, contrôler, sanctionner et protéger les agents. Au total, il existe vingt mesures.

Pour mettre en œuvre ces mesures, plus de 1 000 agents de la RATP sont dédiés à la lutte antifraude, accompagnés par 1 000 agents de sûreté. Plus précisément, entre 400 et 600 agents de contrôles seront mobilisés chaque jour pour faire respecter les règles. Par rapport à 2023, la RATP annonce également le renforcement des contrôles sur le réseau de surface (+30%). Rien qu’en 2024, plus de huit millions de contrôles ont été réalisés et 100 contrôleurs supplémentaires ont été recrutés.

340 opérations de contrôle déjà menées

«La fraude n’est pas une fatalité et elle ne peut être imputée aux transporteurs seuls. C’est un défi collectif auquel la RATP prend toute sa part et qui nécessite des moyens, des partenariats et des évolutions législatives conséquentes si l’on veut arriver à des résultats satisfaisants», indiquent les deux groupes dans un communiqué. Dernièrement, 340 opérations de contrôle continu ont été menées par la RATP pour le compte d’Ile-de-France Mobilités, avec un total de 270 000 voyageurs contrôlés et près de 11 500 amendes dressées.