
C’est un rêve qui a rapidement viré au cauchemar. À Saint-Briac (Bretagne), une station balnéaire de la côte d’Emeraude, une vingtaine d’habitants ont vu leur argent partir en fumée après avoir été victimes d’un escroc. Comme près de 500 autres victimes partout en France, toutes pensaient gagner le gros lot en investissant leur argent chez Émeraude Friends, une société créée en 2008 par Pascal N. qui leur promettait de toucher des taux intéressants pouvant aller jusqu’à 20 %, voire 27 %, rapporte Le Parisien. Il n’en est finalement rien.
Après une plainte déposée le 24 dernier, le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une information judiciaire pour faux, usage de faux, escroquerie et blanchiment aggravé. Pour l’heure, plusieurs centaines de victimes ont été comptabilisaiées dans tout l’Hexagone pour un préjudice estimé à 106 millions d’euros. «C’est vrai qu’on est tous tombés de l’armoire parce que Pascal, on le connaissait, c’était une figure du village, c’était un type sympathique», confie l’adjointe au maire de Saint-Briac à France 3 Bretagne.
Un système rendu célèbre par Bernard Madoff
L’escroquerie dont ont été victimes tous ces investisseurs associés d’Émeraude Friends était d’ailleurs rondement ficelée. Alors que Pascal N. aurait proposé des investissements à un taux d’intérêt exceptionnellement élevé, la rémunération des investisseurs, elle, se faisait par le biais des fonds apportés par les nouveaux entrants, et ainsi de suite.
Un montage financier frauduleux bien organisé qui fait gagner de l’argent aux investisseurs jusqu’à ce que tout s’écroule. C’est ce que l’on peut qualifier de «pyramide de Ponzi», une escroquerie rendue célèbre par le financier américain Bernard Madoff qui a été condamné en 2009 pour avoir détourné 65 milliards d’euros. Mis en cause dans cette affaire, Pascal N. se défend et assure être lui aussi une victime. Selon ce dernier qui a fait parvenir une lettre à ses investisseurs, son domicile aurait été cambriolé et les fonds envolés après le vol de son ordinateur. «À partir de ce moment-là, c’est très compliqué pour moi de reprendre pied. Je reçois une bombe atomique de stupeur, de panique, de culpabilité, de honte et d’incrédulité», explique-t-il.


















