
Le dispositif du plan d’épargne retraite (PER) vise à inciter les Français à épargner pour leur retraite, pour venir compléter les revenus qui seront générés par le système par répartition et ainsi alléger la pression sur ce dernier. C’est l’objet de l’incitation fiscale qui a été mise en place. Ainsi, chaque détenteur d’un PER peut choisir de déduire le montant de ses versements de ses revenus imposables et ainsi réduire ses impôts sur le revenu de l’année, mais dans ce cas, il sera fiscalisé à la sortie, quand il récupérera les sommes une fois à la retraite. Il peut aussi faire le choix de ne pas actionner cet avantage à l’entrée pour ne pas être fiscalisé à la sortie. Pour rappel, la possibilité de déduire le montant de ses versements est limitée à 10% des revenus d’activité de l’année N-1 (dans la limite de 8 PASS, soit 37 094 euros au titre des versements 2025), plafond majoré pour les travailleurs non-salariés.
Alors comment faire ce choix ? La déduction à l’entrée est intéressante pour ceux qui sont à la fois imposés à un taux marginal d’imposition élevé (TMI de 30% et plus) et qui anticipent une baisse de leurs revenus une fois à la retraite, avec un impact sur leur taux d’imposition. Ce qui sera probablement le cas, si l’on regarde l’évolution du taux de remplacement, c’est-à-dire le montant de sa pension de retraite ramené au montant de son dernier salaire en activité. Dans ce cas, la déductibilité à l’entrée est un réel avantage, d’autant qu’il faut prendre en compte la possibilité de faire fructifier les sommes économisées grâce à la réduction d’impôt obtenue.
Les subtilités à connaître pour optimiser son avantage fiscal à l’entrée
Le différentiel anticipé de taux marginal d’imposition est le premier critère de choix entre l’avantage fiscal à l’entrée ou à la sortie. Pour ceux qui l’auront choisi à l’entrée, trois subtilités sont à connaître pour optimiser cet avantage fiscal : tout d’abord, il faut savoir que les plafonds sont mutualisables entre conjoints ou partenaires de Pacs soumis à imposition commune. Intéressant pour des couples qui auraient des salaires inégaux. Le plafond de l’un peut servir à l’autre pour maximiser sa réduction d’impôt. Ensuite, il faut savoir que les plafonds non utilisés peuvent être reportés d’une année sur l’autre, et ce pendant trois ans. Bon à savoir pour tous ceux qui ont des revenus qui fluctuent d’une année sur l’autre, que ce soit par l’essence même de leur activité ou par une structure de rémunération qui ferait la part belle aux primes variables.
Enfin, et ce n’est pas neutre, l’avantage fiscal procuré par l’épargne retraite n’entre pas dans le champ du plafonnement des niches fiscales. En effet, le code des impôts stipule que les avantages fiscaux qui entrent dans le plafonnement sont ceux accordés en contrepartie d'un investissement ou d'une prestation dont bénéficie le contribuable (immobilier locatif, investissements dans des FIP ou FCPI), alors que les avantages fiscaux liés à la situation personnelle du contribuable ou à la poursuite d'un objectif d'intérêt général sans contrepartie sont exclus du plafonnement. L’épargne retraite entre dans cette deuxième catégorie. Ainsi, pour les foyers fortement fiscalisés, il est possible de cumuler.
Déduction fiscale à l’entrée, comment ne pas se faire rattraper à la sortie ?
On l’a vu, le succès du PER est largement soutenu par les avantages fiscaux indéniables qui l’accompagnent quant à l’impôt sur le revenu. Mais il faut bien garder à l’esprit que si l’avantage fiscal est pris à l’entrée, durant la phase d’épargne, alors il y aura fiscalité à la sortie, au moment du retrait des sommes, d’où l’intérêt plus marqué dans le cas où on anticipe une baisse du taux marginal d’imposition une fois à la retraite. Ensuite, au moment de la retraite, une optimisation de son impôt peut encore être faite en mettant en place une stratégie de retrait appropriée, notamment par des sorties fractionnées pour amoindrir l’impact fiscal, en le lissant sur plusieurs années fiscales. Le rachat fractionné permet en outre de récupérer l’épargne selon les besoins réels, tout en laissant le reste du capital investi, qui continuera ainsi de fructifier.
Si le plan d’épargne retraite est un outil puissant qui permet à la fois de préparer financièrement sa retraite tout en optimisant sa fiscalité sur le revenu pour une cible fortement imposée, rappelons que l’avantage fiscal ne se résume pas à cette déduction des revenus imposables. La fiscalité du PER est également avantageuse pour l’imposition sur les plus-values au moment des retraits (fiscalité identique à celle de l’assurance vie), et en vue de la succession (abattements et taux d’imposition identiques à ceux de l’assurance vie mais avec une différence de taille : c’est l’âge du décès qui compte, et non l‘âge des versements). De quoi expliquer son succès auprès de plus de 11 millions de Français*.
* A fin septembre 2024. Données consolidées des fédérations professionnelles distribuant des PER (FA, AFG, FNMF, CTIP).
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