
Vous n'avez pas encore rempli votre déclaration de revenus ? Sachez que, si l'administration fiscale préremplit la plupart de vos revenus, il vous reste certaines cases à cocher manuellement. De même, les mécanismes qui permettent de diminuer la base imposable restent à activer par vous-même. Certains sont connus : vos versements sur un plan d'épargne retraite (PER) restent déductibles jusqu'au plafond annuel fixé à 10 % de vos revenus professionnels, et vos dons aux associations ouvrent droit à des réductions allant jusqu'à 75 %.
D'autres, moins évidents, peuvent représenter des sommes conséquentes selon votre profil. L'emploi à domicile en fait partie. Ménage, jardinage, garde d'enfants à domicile, soutien scolaire, aide aux personnes âgées : toutes ces dépenses ouvrent droit à un crédit d'impôt de 50 % des sommes versées, dans la limite de 12 000 euros de dépenses par an (soit 6 000 euros de crédit maximum). Ce plafond monte à 14 000 euros si vous avez un enfant à charge, et jusqu'à 20 000 euros pour les personnes invalides. Si vous avez un salarié déclaré via Pajemploi ou Cesu, ces montants sont à renseigner case 7DB et suivantes. Et pour les retraités qui financent un hébergement en EHPAD, les frais de logement et de dépendance ouvrent droit à une réduction d'impôt de 25 %, dans la limite de 10 000 euros de dépenses par personne hébergée, soit 2 500 euros de réduction maximale.
Salariés : quand les frais réels valent le coup
Par défaut, l'administration déduit automatiquement 10 % de votre salaire brut pour frais professionnels. Pratique, mais plafonné à 14 555 euros pour les revenus 2025. Si vos frais réels dépassent cette déduction forfaitaire, vous avez intérêt à les détailler. Maître Noël Dalus, avocat au cabinet Avocats Picovschi, met cependant en garde : « À partir du moment où on peut les justifier, ça dépend de la situation et des revenus. Si les frais réels sont importants, beaucoup de trajets, des frais de télétravail, ils peuvent effacer l'impôt. » Mais quand on n'est pas sûr, il vaut mieux choisir le barème légal.
Les frais déductibles couvrent les indemnités kilométriques (calculées selon le barème fiscal de l'administration), les repas pris sur le lieu de travail lorsque la cantine est impossible, les frais de double résidence professionnelle, ou encore les équipements achetés pour le télétravail. Certaines professions bénéficient en plus d'une déduction spécifique qui s'applique en ligne 1GA, après avoir imputé le salaire en ligne 1AJ : c'est le cas des assistants maternels, des journalistes et des assistants familiaux agréés. Dans tous les cas, chaque dépense doit pouvoir être justifiée si demande de l'administration.
Propriétaires bailleurs : l'opportunité des travaux de rénovation
Pour un propriétaire qui loue un bien nu en régime réel, les charges déductibles (intérêts d'emprunt, taxe foncière, travaux d'entretien) peuvent générer un déficit foncier, c'est-à-dire des charges qui dépassent les loyers perçus. Maître Noël Dalus en fait un levier à surveiller : ce déficit est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an, le reste étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
Attention cependant : la déclaration 2026 est la dernière fenêtre pour un avantage plus rare : les travaux de rénovation énergétique. S'ils ont été financés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, sur un bien classé E, F ou G au DPE, et ont permis d'atteindre au minimum la classe D, ils ouvrent droit à un plafond doublé de 21 400 euros. Ce dispositif, prévu pour inciter à sortir les passoires thermiques du parc locatif, expire avec la déclaration actuelle : les travaux réalisés en 2026 retrouveront le plafond ordinaire de 10 700 euros.
Ce mécanisme est réservé à la location nue : les bailleurs en meublé (LMNP) suivent des règles distinctes et ne peuvent pas imputer leur déficit BIC sur leur revenu global.
Pour les investisseurs détenant un compte-titres ordinaire hors PEA, les moins-values de cession de valeurs mobilières sont reportables pendant dix ans sur les plus-values futures. Maître Noël Dalus insiste sur un point : « Une moins-value non déclarée est une moins-value perdue. Elle doit être renseignée sur le formulaire 2074 chaque année, même si vous n'avez réalisé aucune plus-value cette année-là ». Si vous avez soldé des positions perdantes en 2025, ne sautez pas cette étape.



















