
Depuis le 1er février 2026, le Livret A ne verse plus que 1,5 % d'intérêts par an. Pour 10 000 euros épargnés, cela ne représente plus que 150 euros de gains annuels. Face à une inflation remontée à 2,2 % en avril, ce rendement ne couvre plus la dépréciation du pouvoir d'achat. Pour beaucoup d'épargnants, c'est une incitation à aller chercher mieux. Mais chercher mieux ne signifie pas nécessairement prendre plus de risque.
Maxime Kugler, responsable de l'offre financière chez Altaprofits, courtier en gestion de patrimoine en ligne, tient à lever une confusion fréquente : « Ce n'est pas parce que vous quittez le Livret A que vous allez prendre plus de risque. Vous avez des fonds euros qui vont vous permettre de chercher jusqu'à 3 %, voire du 4,5 % grâce aux boosts des assureurs, toujours sans risque en capital. » Il rappelle cependant un fondamental : « L'épargne de précaution reste importante. Mais pas besoin de remplir votre Livret A pour autant. »
Profiter des opportunités qui se présentent
Les boosts sont des offres de bonification proposées par les assureurs sur leurs fonds en euros. Le principe : l'assureur verse un rendement supplémentaire de 1 % à 1,5 % par an si vous effectuez un nouveau versement, en plus du taux de base, souvent sous condition d'investir une part du versement en unités de compte. « Malgré la baisse du Livret A, les fonds euros, eux, n'ont pas baissé leur rendement », confirme l'expert.
Les boosts des fonds en euros ne sont pas la seule opportunité du moment : « Nos clients sont très intéressés par des produits structurés avec coupon garanti et capital sécurisé à l'échéance », explique Maxime Kugler. Accessibles notamment via l'assurance-vie, ces instruments garantissent le remboursement de 100 % du capital à l'échéance et versent un coupon fixe garanti chaque année, sans condition liée à l'évolution des marchés. Les taux actuels se situent entre 3,8 % et 5 % par an pour les produits à capital garanti à 100 %.
Il y a cependant une contrepartie à connaître. Si le coupon est garanti, la durée, elle, ne l'est pas : l'émetteur peut rembourser le capital de façon anticipée, à son gré, selon des conditions prévues au contrat. « Il faut savoir que ça peut durer jusqu'à dix, douze ans », confirme notre expert. Ces produits sont donc à réserver à l'argent dont vous n'avez pas besoin dans l'immédiat. Et les produits structurés étant des unités de compte, elles fonctionnent pour déclencher les boosts sur les fonds euro.
L'erreur à ne pas commettre dans le contexte actuel
Et quand on souhaite prendre du risque pour viser un plus haut rendement, alors ? Avec la situation géopolitique actuelle et les marchés secoués, Maxime Kugler observe régulièrement un piège comportemental. On peut comparer cela à une porte battante : « Le client décide d'investir parce que tout le monde en parle. Mais ça plonge. Alors, le client vend… et ça remonte. Finalement, il n'a pris que la perte. On l'a vu très récemment sur l'or, et aussi sur les marchés actions, la tech notamment, juste avant la guerre. » Résultat : on entre dans la montée, on sort dans la baisse : en plus de la perte nette, on rate la remontée !
Ce genre d'erreur dans le contexte nous rappelle les règles essentielles de l'investissement sur les marchés en actions, que ce soit en assurance-vie ou sur un PEA : effectuer des versements réguliers, sur une longue période, et s'y tenir quoi qu'il arrive. « Au plus bas, au plus haut, vous suivez la tendance long terme du marché, et vous savez vous tenir à vos objectifs initiaux », résume Maxime Kugler. Quand on a du temps devant soi, « c'est toujours le moment d'investir en actions. »
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