Vous caressez le projet de déménager dans un autre pays pour bénéficier d’une fiscalité plus clémente ? Soit, mais ne prenez pas cet engagement à la légère. Trop souvent, on croit qu’un billet d’avion et une adresse étrangère règlent la question. Erreur. L’administration fiscale scrute tout cela de très près. Où habitez-vous réellement ? Où travaillez-vous ? Où se trouvent votre famille, vos intérêts économiques ? «La loi ouvre, en effet, à l’administration de nombreuses possibilités de vous considérer comme résident fiscal français, c’est-à-dire redevable de l’impôt dans notre pays», prévient Olivier Janoray, avocat associé du cabinet Arsene. Un logement en France occupé de façon sporadique peut suffire… Si votre activité professionnelle principale reste dans l’Hexagone, difficile aussi de plaider l’exil.

Quant à vos revenus, s’ils proviennent majoritairement de France, la messe est dite. La vigilance s’impose : quitter notre territoire, fiscalement parlant, implique une rupture de vie franche. Vous devez donc avoir réellement envie de vivre dans le pays convoité. «Votre projet est voué à l’échec si vous partez uniquement pour une raison fiscale, assure Olivier Janoray. Au bout de quelques mois, vous serez tenté de revenir trop souvent en France, source d’un possible contentieux avec l’administration fiscale. Celle-ci ne manquera pas, le cas échéant, de relever les traces laissées sur le territoire national par votre carte bancaire, votre téléphone, ordinateur ou autres

Pour éviter d’être rattrapé par le fisc, mieux vaut vous expatrier dans un pays ayant signé une convention fiscale avec la France. Un tel texte vous protège plus efficacement pour faire prévaloir votre statut de résident fiscal étranger. Reste ensuite à choisir votre destination selon la nature de l’impôt que vous souhaitez alléger : impôt sur une plus-value, droits de donation ou taxes sur votre succession. Enfin, pas question de planifier un court séjour hors frontières pour mener à bien votre petite affaire. «Pour ancrer sa résidence fiscale sans risquer de contentieux, il semble raisonnable de séjourner au moins cinq ans dans le pays avant d’y réaliser une opération patrimoniale. Puis une fois celle-ci effectuée, de ne pas revenir en France avant une ou deux années», avertit Dan Khalifa, avocat fiscaliste au cabinet De Gaulle Fleurance. Soit au total, sept bonnes années ! Ces contraintes en tête, à vous de jouer.

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