
Quelle différence entre un fonds d’investissement en actions classique et un ETF ?
Matthieu Louvet : Le premier va être géré “activement” : il y a une équipe de gérants professionnels qui sélectionnent les actions du fonds. Les ETF indiciels, eux, vont investir dans toutes les actions qui composent leur indice boursier de référence, sans choix humain derrière : un ETF CAC 40 sera composé, comme l’indice, des actions des 40 plus grosses sociétés françaises. C’est une gestion dite “passive”.
Quel est l’intérêt ?
C’est beaucoup moins coûteux en frais : 0,30% de frais annuels pour les ETF indiciels – les moins chers sont à 0,03%–, contre 2% pour les fonds actifs. Cela a un impact direct sur la performance à long terme. Si la Bourse fait 10% par exemple, une fois les frais déduits, le fonds classique délivre un rendement de 8%, ce n’est pas 2% en moins, mais … 20% de performance en moins cette année-là ! Imaginez les conséquences sur 20 ou 30 ans ! C’est ce qui explique que sur 10 ans, 95% des fonds actifs sont moins performants que les ETF passifs.
Peut-on se composer un portefeuille bien diversifié avec des ETF ?
Oui, il existe des ETF actions et obligations, qui sont les deux principaux pans de la gestion financière. Il en existe sur tous les pays, sur tous les secteurs d’activité et sur toutes les thématiques : l’autonomie stratégique européenne, l’IA chinoise, la cybersécurité israélienne, etc. On peut donc se composer un portefeuille très précis et très bien diversifié avec seulement des ETF.
Il existe 13 000 ETF dans le monde. L’épargnant français y a-t-il accès ?
Non. Il a accès exclusivement aux 3 000 ETF européens, et cela pour des questions réglementaires.
Comment bien choisir ses ETF ?
Vous pouvez par exemple aller sur le site gratuit “Just ETF”. Les 3 000 ETF européens y sont répertoriés et vous pouvez comparer. Par exemple, si vous cherchez un ETF sur les grosses valeurs européennes (Eurostoxx 50), il en existe 16. Pour choisir, vous activez différents filtres. Vous sélectionnez d’abord ceux que vous pouvez mettre dans votre PEA par exemple : de 16, il vous en reste 14.
Ensuite il peut être intéressant de choisir ceux qui capitalisent et réinvestissent les dividendes versés chaque année, plutôt que ceux qui les distribuent. Avec ceux qui capitalisent, vous n’aurez pas d’impôt sur vos dividendes à payer, à la différence de ceux qui les distribuent.
L’impôt payé chaque année sur les dividendes reçus va aussi freiner l’accumulation de vos gains et obérer la performance finale. Et là, de 14 ETF Eurostoxx 50, on passe à seulement 7 qui capitalisent. Reste à vérifier celui qui délivre la meilleure performance, et, ce n’est pas forcément le moins cher en frais. Le plus rentable affiche des frais à 0,09%, alors que le moins cher (0,03%) n’arrive qu’en troisième position en termes de performances financières, en raison de micro-optimisations des gérants.
Pour un épargnant au profil équilibré, quelle répartition d’ETF conseilleriez-vous pour 2026 ?
Je mettrais 15% sur un ETF pays émergents (MSCI Emerging Markets) et 85% sur un ETF monde basé sur l’indice MSCI World, qui couvre tous les pays développés, de toutes les zones géographiques, et qui permet de ratisser large et de dormir sur ses deux oreilles !
Et à côté des ETF, que conseillez-vous pour l’épargnant au profil équilibré ?
J’investirais 60% en ETF selon la répartition évoquée à la question précédente et 30% sur de bonnes SCPI et 10% sur le fonds en euros d’une très bonne assurance vie.
*Matthieu Louvet est conseiller de gestion de patrimoine indépendant et fondateur de la chaîne You Tube de pédagogie financière “S’investir”.

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