
Sur un Paris-Lyon, vous déboursez 41 euros de péage. Mais selon un rapport de l'Inspection générale des finances de 2021, vous ne devriez payer que 15 euros. Le surpayé atteint, selon ce même rapport, 58 % du tarif réel. Des chiffres qui font réfléchir, à l'heure où 64 % des Français prévoient de prendre la voiture pour rejoindre leur lieu de vacances, selon une étude OpinionWay pour Ulys.
Depuis la privatisation des concessions autoroutières en 2006, les hausses tarifaires se succèdent sans discontinuer (+4,75 % en 2023 ; +3 % en 2024 ; +0,92 % en 2025), pesant sur le budget des ménages déjà fragilisés par la flambée des carburants. Car si l'autoroute a un prix, c'est aussi parce qu'elle a des actionnaires. D'après les rapports de l'Autorité de régulation des transports, 35 euros sur chaque 100 euros de péage payé partent directement en dividendes aux sociétés concessionnaires.
L'autoroute, un service public qui profite au privé
L'autoroute est juridiquement classée comme un service public administratif. Pourtant, son modèle économique s'apparente davantage à celui d'un actif financier ultra-rentable. « Est-ce que vous accepteriez qu'un hôpital, une école, l'armée ou la police génèrent 35 % de profit pour le propriétaire et pour l'exploitant ? », interroge Maître Christophe Lèguevaques, avocat au barreau de Paris et cofondateur de la plateforme MyLeo. Il y a une « disproportion manifeste entre le service rendu et le prix qu'on paye ». Chaque année, les sociétés concessionnaires distribuent des milliards d'euros de dividendes, une manne constituée, en grande partie, sur le dos des automobilistes.
Pourquoi les Français continuent-ils de payer ?
Pourtant, ils sont 12 millions à détenir un abonnement télépéage type TDPH. La raison est simple : l'autoroute offre sécurité et gain de temps. « Quand vous traversez la France de Paris à Marseille en passant par tous les villages, vous allez être fortement ralenti », rappelle Maître Lèguevaques. Sans oublier tracteurs, carrefours et routes sinueuses. Le badge télépéage facilite davantage la chose : on passe, on ne compte plus et « on consomme plus sans s'en rendre compte », reconnaît-il. Un confort qui arrange bien les concessions.
Une action collective pour contester les tarifs
Alors que des millions d'automobilistes s'apprêtent à reprendre la route des vacances, la plateforme MyLeo (qui simplifie l'accès à la justice en préparant les dossiers pour les avocats et en faisant le lien entre particuliers et professionnels du droit) vient de franchir le cap des 1 200 participants à son action collective "Péage Autoroute". Sa clôture est prévue pour la fin du moins de juin. Elle a pour objectif d’obtenir réparation des sommes potentiellement indûment perçues par les concessionnaires. « Le franchissement du cap des 1 200 participants montre que les automobilistes souhaitent désormais faire entendre leur voix », déclare Maître Lèguevaques. Si l'action aboutissait devant le Conseil d'État, c'est l'ensemble du système tarifaire qui pourrait être remis en cause. Et tous les abonnés en profiteraient.




















