C’est une question qui brûle les lèvres de beaucoup d’étudiants. «Quel sera mon salaire après mon alternance ?». Bonne nouvelle, le ministère du Travail a la réponse ! Grâce à une mise à jour du dispositif InserJeunes, piloté par la Dares* et la Depp*, on connaît désormais la rémunération des anciens alternants. Une première, car les données n’étaient pas disponibles jusqu’ici. Pour ce faire, les deux instituts statistiques ont recensé les salaires des apprentis, lycéens professionnels et des étudiants en BTS ayant terminé leur formation en 2021 et trouvé un emploi 12 mois plus tard, en juillet 2022. Mais attention, ces chiffres ne concernent que le secteur privé. Pour connaître les rémunérations des anciens étudiants désormais agents de la fonction publique, il faudra attendre l’année prochaine.

Petite piqûre de rappel : en alternance, il existe deux types de contrats. Le contrat d’apprentissage, qui s’adresse principalement aux jeunes de 16 à 29 ans et qui repose sur un partage du temps entre école et entreprise, tout en ouvrant droit à un diplôme reconnu. Le contrat de professionnalisation, quant à lui, vise d’abord l’insertion professionnelle avec une formation plus orientée vers le métier. Mais dans la pratique, les deux fonctionnent souvent de la même manière : un pied dans la salle de classe, l’autre dans l’entreprise.

Parmi les formations les mieux rémunérées, une spécialité sort nettement du lot : celle d’opérateur extérieur dans la chimie et l’énergie. Un an après la fin de leur formation, ces anciens alternants touchent un salaire médian de 3 060 euros net par mois. En clair, la moitié gagne même davantage ! Et pour les moins bien payés, le bas de l’échelle (premier quartile) reste quand même très confortable, avec un salaire médian de 2 920 euros net par mois. Une fiche de paie qui ferait rêver bien des jeunes diplômés pour leur premier job. Autre exemple parlant : les techniciens supérieurs en maintenance industrielle, qui bénéficient d’un salaire médian de 2 800 euros net par mois et de belles perspectives d'évolution.

Toutes les formations ne se valent pas

Au-delà du salaire, ces données permettent de connaître le taux d’emploi pour chacune des formations, c’est-à-dire la part des diplômés ayant trouvé un emploi. Les champions ? Les titulaires d’un bac pro de conducteur d’engins ou d’un BTS techniques et services en matériels agricoles. 92% d’entre eux décrochent en effet un emploi en moins de 12 mois après leur sortie d’études. Une insertion quasiment garantie, donc. En revanche, certaines formations peinent à séduire le marché de l’emploi. Exemple frappant : le CAP métiers de l’entretien des textiles. Là, à peine plus d’un diplômé sur 10 (13%) trouve un job dans l’année qui suit l’obtention de son diplôme...

*Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques

**Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance