La Banque centrale européenne (BCE) s’inquiète dans son dernier bulletin macroéconomique des conséquences de la baisse des prix de l’immobilier tertiaire, dans le vieux continent, sur les fonds immobiliers. A ce stade, les prix ont surtout dévissé au Royaume-Uni et dans certains pays nordiques. Mais la BCE préfère prévenir plutôt que guérir. Dans ce contexte, elle rappelle aux fonds immobiliers la nécessité de prévoir des modalités de blocage des sorties, si les demandes de retraits devaient être trop importantes. Qu’en est-il pour les fonds immobiliers français ? De bonnes questions qui peuvent aussi intéresser les SCPI hexagonales (sociétés civiles de placement immobilier). Les retraits massifs sont-ils envisageables ? Et si problème de liquidité il devait y avoir, comment les épargnants pourront-ils récupérer leur mise ? Pourraient-ils être “bloqués” dans leur SCPI ?

A ce stade, c’est le souvenir de la crise immobilière des années 1990 qui revient en mémoire. “De 1990 à 1996, les prix de l’immobilier avaient chuté de 35% en France”, selon Olivier Raingeard, directeur des investissements de la banque Neuflize OBC. Tout avait baissé, y compris l’immobilier tertiaire (bureaux, commerces, etc.), présent dans les SCPI. La crise financière avait ajouté au problème, puisque les fonds immobiliers utilisaient alors beaucoup le levier du crédit. Une sorte de panique s’était emparée du marché, avec des retraits massifs des épargnants qui voulaient sortir de leur SCPI. A l’époque, elles étaient à capital fixe, une forme juridique qui ne facilitait pas la sortie. “Il n’y avait pas de dispositif facilitant la liquidité comme c’est le cas aujourd’hui. Pour sortir, il fallait trouver un acheteur, au gré à gré et selon la loi de l’offre et de la demande. Autant dire qu’en pleine crise immobilière, les candidats au rachat de SCPI ne se bousculaient pas au portillon. Les vendeurs de parts ont dû, pour récupérer leur argent, consentir des décotes très massives”, explique Frédéric Puzin, président du groupe Corum.

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