
La taxe d’habitation va-t-elle faire son retour ? On en est encore loin, d’autant qu’en avril dernier, le gouvernement avait écarté tout retour du dispositif. Mais l’idée d’une «contribution modeste» pour le «financement des services publics de la commune» avait été évoquée, notamment pour «renouer le lien» entre les collectivités et les citoyens qui y résident. Disparue progressivement du paysage fiscal des Français, la taxe d’habitation n’est due désormais que par les occupants de résidences secondaires. A priori, de quoi satisfaire les Français.
Mais à en croire une récente étude menée par le collectif «Sens du service public» avec la Fondation Jean Jaurès, relayée par BFM, une bonne partie des Français ne serait pas contre son retour. En effet, 40% des interrogés seraient favorables à un retour de la taxe d’habitation notamment pour améliorer les services publics locaux. Mais il s’agit d’une condition sine qua non. «Contrairement aux idées reçues, les Français ne rejettent pas massivement le principe d’une restauration d’une contribution fiscale», indique la Fondation.
Un manque de moyens pour près de trois quarts des Français
La Fondation Jean Jaurès précise que «73% des Français considèrent que les services publics locaux n’ont pas assez de moyens par rapport aux besoins de la population». Cette étude met également en évidence «l’engagement» ainsi que le «civisme» des Français qui sont plus de la moitié à être prêts à participer à des missions d’intérêt général. Dans le détail, ce soutien à un retour de la taxe d’habitation affiche des disparités selon le positionnement politique.
Ainsi, 52% des Ecologistes sont favorables, mais également près de quatre électeurs sur dix des Républicains ou macronistes. Seuls les sympathisants du RN sont majoritairement contre. La Fondation Jean Jaurès note que la proximité avec les services publics locaux est primordiale pour les Français, puisque près de trois quarts des sondés se déclarent satisfaits de ceux près de chez eux. Toutefois, de manière plus globale, le taux de satisfaction chute à 55%.
Les Français moins satisfaits en milieu rural
«Plus la proximité avec les services publics locaux est forte, plus la satisfaction apparaît élevée. À l’inverse, le degré de satisfaction décroît à mesure que l’appréciation s’éloigne des services publics en proximité immédiate» décrypte l’organisme. En milieu rural, la satisfaction est également moins importante. Interrogé par Radio France, le cofondateur du collectif «Sens du service public», Johan Theret, évoque une «surprise», car on parle là du «rétablissement d’un impôt qui a été supprimé». Il note enfin que 29% des habitants souhaitent des services plus humains et 21% une accélération de la dématérialisation des démarches.



















