Jamais la suppression d’un impôt n'a semblé autant crispé les Français. Disparue en 2023, la taxe d’habitation sur la résidence principale pourrait bientôt renaître de ses cendres. C’est ce que souhaite une candidate socialiste aux élections municipales à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), Cécile Panassac. Cette taxe d’habitation nouvelle version serait «plus solidaire et plus progressive», résume-t-elle au Parisien.

«Ce n’est qu’une proposition, puisque l’instauration d’une nouvelle taxe, même locale, ne peut être votée que par le Parlement, reconnaît la candidate socialiste qui siège au conseil municipal de Maisons-Alfort.» Pour autant, elle veut «susciter le débat.» En effet, le retour de cette taxe d’habitation est une mesure que seul le Parlement peut adopter ou non.

Une baisse de la taxe foncière en retour

En retour, elle serait compensée par une baisse de la taxe foncière, qu’elle juge «injuste», pour les habitants de Maisons-Alfort. Si elle est élue, Cécile Panassac souhaite appliquer cela dès la fin des municipales en mars prochain. Pour la financer, l’avocate au Barreau de Paris prévoit, dans un premier temps, des économies sur la commande publique de l’ordre de 4 millions d’euros.

À la suppression de la taxe d’habitation, elle avait eu pour conséquence d’avoir juste fait flamber la taxe foncière, que seuls les propriétaires (occupants et bailleurs) paient. En dix ans, cette taxe payée par 32 millions de propriétaires s’est envolée d’environ 40%, selon l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). Selon elle, «il y a beaucoup de propriétaires modestes, notamment des retraités avec une petite pension. Un propriétaire sur 20 vit sous le seuil de pauvreté alors que la moyenne nationale est de 3%».