
A partir du 24 octobre, dans tous les plans d’épargne retraite (PER) nouvellement souscrits, il faudra obligatoirement investir une partie de son épargne dans des actifs non cotés, autrement appelés private equity ou capital-investissement. Expliquez-nous…
C’est l’article 35 de la loi industrie verte qui l’impose et qui entrera en vigueur le 24 octobre. Dans tous les PER souscrits après cette date, tous les profils de gestion par horizon devront comporter une part de private equity et donc d’investissement dans des entreprises, PME ou ETI, non cotées en Bourse. Quand vous ouvrez un PER, par défaut et si vous ne faites pas le choix de gérer vous-même votre épargne (gestion libre), vos versements sont portés sur le profil de gestion à horizon dit équilibré. Vous pouvez aussi choisir d’investir dans ce même type de profil, mais plus prudent, ou alors plus dynamique ou carrément offensif.
Ce qui nous fait quatre profils de gestion à horizon. Les supports financiers qui y sont logés sont plus ou moins risqués selon le type de profil choisi (prudent, équilibré, dynamique ou offensif) et selon la durée qui reste à courir jusqu’au départ à la retraite. Tous ces profils, même les plus dynamiques, sont en effet progressivement sécurisés sur des supports de moins en moins risqués à l’approche de l’âge de la retraite. Ce sont ces profils qui devront, à compter du 24 octobre, comporter une part plus ou moins importante de private equity (il y en aura plus dans le profil offensif, jusqu’à 15%, que dans le profil prudent, jusqu’à 6%). La part sera la plus élevée à trente ans du départ à la retraite et diminuera ensuite progressivement au fil du temps, jusqu’à atteindre 0% à cinq ans du terme, dans tous les profils, offensif comme prudent.
Quels épargnants détenteurs d’un PER peuvent y échapper ?
Ceux qui ont souscrit un PER avant le 24 octobre 2024 ne sont pas concernés. Et ceux qui en ont ouvert un après cette date pourront également y échapper s’ils décident de gérer eux-mêmes leur épargne au sein de leur PER (gestion financière dite «libre»), en dehors de tout profil de gestion à horizon.
Est-ce une bonne idée de mettre du capital-investissement dans son PER ?
Cela peut s’entendre. Comme il y a une défiscalisation à l’entrée – les versements sont en effet déductibles du revenu imposable, dans une certaine limite –, les pouvoirs publics exigent en contrepartie une contribution du PER au financement de l’économie et en particulier des PME et des ETI non cotées. Par ailleurs, les fonds de private equity ne sont pas liquides – impossible de retirer son épargne avant une certaine durée. Cette absence de liquidité n’est pas gênante dans les PER, qui sont eux-mêmes (sauf exception) bloqués jusqu’à l’âge de la retraite.
Quid des performances financières du private equity ? Selon France Invest, elles atteignent 13,3% par an sur dix ans à fin 2023...
Les fonds de private equity utilisés dans les PER sont moins rentables que cela. Selon nos calculs, leurs performances sont plutôt de l’ordre de 5 à 6% par an. C’est moins qu’un placement en actions qui rapporte en moyenne 7% par an et qui permet de doubler son capital à quinze ans. Les fonds les plus utilisés dans les PER (les fonds dits «evergreen») ne sont pas intégralement investis en private equity, ce qui obère la rentabilité finale.

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