Les violences économiques font partie intégrante des violences conjugales. Elles reposent sur un contrôle des finances, pouvant aller jusqu’à la dépossession totale des moyens de subsistance des femmes. Près d'une femme sur quatre y a déjà été confrontée, selon une enquête Ifop réalisée pour la Fédération nationale Solidarité Femmes et le Crédit Mutuel.

«Les violences économiques sont des violences conjugales», rappelle Solidarité Femmes. Une autre étude de l’Ifop pour Les Glorieuses indique que 99 % des femmes concernées ont aussi subi des violences physiques ou psychologiques. Cette emprise repose sur plusieurs mécanismes insidieux et reste difficile à identifier par les victimes.

Un contrôle sur les dépenses

Les violences économiques «souvent très subtiles au départ», comme l’indique l’association SOS Violence conjugale, commencent par une surveillance des dépenses. Ce qui peut dans un premier temps ressembler à de la gestion du budget devient rapidement de l’emprise.

«Il surveille mes comptes bancaires. Il critique ma manière de dépenser de l’argent. Il a le contrôle exclusif des décisions financières», énumère Solidarité Femmes sur son site.

D’après le rapport de l’Ifop pour Solidarité Femmes, 26 % des femmes ne prennent pas de décision budgétaire du quotidien sans l’avis de leur conjoint, un chiffre qui monte à 44 % pour les décisions financières importantes.

L’emprise s'ancre encore plus profondément lorsque l’un des partenaires empêche l’autre d’avoir ses propres ressources. Selon ce même rapport, 48 % des femmes n’auraient pas les moyens de quitter le foyer conjugal sans aide extérieure, 30% ne disposent d’aucune source de revenus personnelle et 28 % n’ont même pas de compte bancaire personnel.

«Faire pression pour que la victime cesse de travailler ou diminue ses heures de travail, souvent en la culpabilisant par rapport aux besoins des enfants (…), limiter le développement professionnel de la victime, en l’empêchant d’étudier, en contrôlant les emplois auxquels elle postule ou en la forçant à refuser des promotions…», sont autant de comportements qui découlent sur la dépendance financière, alerte SOS Violences conjugales.

Les inégalités salariales entre les femmes et les hommes «amplifient l’impact» de cette dépendance, selon Solidarité Femmes. L’association rappelle que dans 75 % des couples hétérosexuels, les hommes ont le plus gros salaire.

Appauvrir et endetter

Après l’emprise et la dépendance financière, vient l’appauvrissement et l’endettement. Près de 15 % des femmes se sont retrouvées en situation de surendettement et 9 % en interdit bancaire à cause de leur conjoint, selon la note de l’Ifop pour Solidarité femmes. Au total, 17% des femmes ont eu un conjoint qui a rogné leurs économies, dégradé leur capacité d’épargne ou aggravé leur endettement, selon l’enquête de l’Ifop pour Les Glorieuses.

Détournement du salaire, blocage de compte, factures impayées… Les comportements qui visent à appauvrir ou à endetter sa partenaire ne sont pas marginaux. En tout, 28% des femmes victimes n’ont plus d’économies personnelles, ce qui les empêche souvent de briser le cycle en quittant le foyer. En cas de séparation, 57 % d’entre elles rencontrent des difficultés pour couvrir leurs besoins de base.

Si vous reconnaissez votre conjoint dans les mécanismes cités, rapprochez-vous d’une association ou appelez le 3919 afin d’être écoutée et orientée.