Alors que la retraite est un vaste chantier maintes fois remanié, le dispositif cumul emploi-retraite, CER, s’apprête à être remanié à évoluer dès le 1er janvier 2027. Il permet aux personnes retraitées de travailler et donc de percevoir un autre revenu qu’une pension de retraite. Fin 2024, la DREES annonçait environ 500 000 personnes dans cette situation. Mais, attention, selon certaines conditions, il peut être plafonné (selon le revenu) ou intégral c’est-à-dire sans limite de revenus (selon l’âge).

À partir du 1er janvier 2027, les règles vont changer et concerneront les nouveaux retraités dès cette date. Avant l’âge légal de la retraite, le cumul ne se fait pas, c’est-à-dire que le nouveau revenu est soustrait au montant de la pension. Entre l’âge légal et 67 ans, un plafond va être déterminé par décret : 50 % des revenus annuels supérieurs à 7 000 euros sont retranchés de la pension. Et après 67 ans, le cumul sera possible sans aucun plafond, quelque soit la situation.

La SASU pour les dividendes

C’est la solution la plus acceptable pour maximiser les revenus pour un retraité à condition de privilégier les dividendes. Dans une Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle, se verser un salaire coûte cher car les cotisations sociales représentent environ 80 % du salaire net. Ce qui n’est pas intéressant pour une personne à la retraite. « Si vous ne vous versez pas de salaire, vous ne payez aucune cotisation sociale, révèle Émilie Fatkic, expert-comptable chez Dougs. Le plus intéressant est de vous verser des dividendes, non soumises aux cotisations sociales, pour lesquelles il faudrait juste payer la flat tax de 31,4 %. Mais il faut rester vigilant car il se pourrait que l’URSSAF parle d’abus social pour contourner la règle ». C’est déjà arrivé par le passé dans le cas de montage complexe avec plusieurs holdings. La petite astuce ? La domiciliation de l’entreprise à votre propre domicile peut constituer un petit complément de revenu.

L’EURL

L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) n’est pas forcément l’option la plus intéressante car même sans vous verser de salaire, vous devrez payer un forfait de cotisationsminimales d’environ 1 500 € par an. Si salaire il y a, les charges s’élèvent à environ 40 %. Quid des dividendes ? « Une grande partie des dividendes versées en EURL est traitée comme des salaires et donc soumise aux cotisations sociales, prévient l’expert-comptable. Pas si intéressant… ».

L’entreprise individuelle

En ce qui concerne l’entreprise individuelle au réel, le revenu du dirigeant est déterminé en se basant sur les bénéfices. « Mais dans ce cas de figure, on ne maîtrise pas forcément le bénéfice, ni les cotisations sociales ni l’impôt sur le revenu, alerte-t-elle. Sans parler du chiffre d’affaires qui peut varier d’une année sur l’autre ». Reste l’option de la micro-entreprise, simple à gérer. Les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires, entre 6 et 25,6 % selon la nature de l’activité mais s’il y a beaucoup de charge et donc peu de bénéfices, la marge de manœuvre est très faible. Le grand avantage de ce statut ? Pas de comptabilité, les paiements des cotisations se font en quelques clics sur le site de l’URSSAF.