Les auto-entrepreneurs dans la rue. Mardi 25 mars un peu partout dans le pays, de nombreux indépendants ont manifesté contre l’abaissement du seuil de la TVA prévu pour le 1er juin. A l’origine, la réforme inscrite dans la loi de finances 2025 devait entrer en vigueur le 1er mars. Mais face à la grogne, Bercy avait reculé. L’ancienne ministre et ex-auto-entrepreneure, Olivia Grégoire, avait même évoqué une «erreur» qui aurait pénalisé les petits entrepreneurs. En effet, la mesure doit abaisser les plafonds de chiffres d’affaires exonérant les petits entrepreneurs de TVA, avec un plafond unique de 25 000 euros, contre 37 500 euros précédemment (prestations de services et professions libérales).

Dans quinze villes de France, plus de 20 000 personnes se sont mobilisées, rapporte Franceinfo. A Paris, pour certains «payer cette TVA, c'est signer la mort de notre activité». Interrogée, une thérapeute psycho-corporelle assure qu’elle ne peut pas demander de payer plus à ses clients. Surtout, si elle doit payer la TVA à partir de 25 000 euros, elle devrait «fermer boutique». Même son de cloche pour une technicienne en extension de cils pour qui payer cette TVA va faire baisser ses revenus fortement. «Si la réforme de la TVA passe, je vais me retrouver à 1 000 euros nets par mois. Je ne vois pas le principe de faire un métier qui me plaît si je ne peux pas en vivre derrière», lance-t-elle.

De nombreux risques de fermetures

Dans d’autres villes de France, la crainte est la même. Soit les auto-entrepreneurs augmentent les tarifs, soit ils devront fermer. «C’est injuste, ça va faire fermer plein d’activités», déplore un charpentier interrogé par La Dépêche. Une tatoueuse estime que cette réforme est comparable à un doublement de ses charges. «Je ne peux pas répercuter la TVA sur mes prix sans perdre mes clients», fustige-t-elle.

Comme elle, un maroquinier, qui dit avoir mis quinze ans pour construire son activité, verrait tout voler en éclat si la réforme est appliquée : «On n’est pas des vaches à lait», fustige-t-il. Tous espèrent rencontrer le gouvernement avant le mois de juin et pouvoir renégocier un nouveau seuil de TVA. D’autres demandent la suspension définitive de cette réforme.

«S'il y a une vraie simplification à faire, c'est d'avoir un seuil unique, aligné sur l'Italie à 85 000 euros pour l'ensemble des prestations de services et de la revente», plaide auprès de Franceinfo le représentant de la Fédération Nationale des Auto-Entrepreneurs. Dans le cas contraire, certains indépendants sont déjà prêts à dissimuler certains revenus s’ils ne veulent pas fermer.