Benjamin Lesage, fondateur de l'écovillage Eotopia

Une cabane en bois, une maison retapée, une yourte, une ou deux caravanes, trois serres, un jardin potager, la forêt… Sur un terrain de 3 hectares, acquis en 2016, près du village de Cronat (Saône-et-Loire), 10 à 12 personnes, soit la population maximale de l'écovillage, cohabitent dans le partage et l'attention mutuelle. Eotopia est l'aboutissement d'un rêve qui habite son fondateur Benjamin Lesage, depuis un long séjour étudiant aux Pays-Bas. Utopiste têtu, il a été convaincu que vivre autrement est possible.

Son idéal ? Créer une société sans argent, fondée sur l'économie du don, l'agriculture raisonnée et le respect du vivant, donc végane, et libre de son mode de vie, de ses horaires, de l'éducation des enfants. "J'ai eu un choc au Nicaragua, lors d'un voyage sans un sou, il y a dix ans. J'ai côtoyé là-bas une communauté joyeuse, autosuffisante, dénuée de contraintes, remplie de musique et d'ateliers créatifs."

Après moult tentatives d'organisations similaires ici et là, et autant de désillusions, Benjamin a revu son objectif du "sans un sou, sans conso, sans confort". Ni hippies ni militants décroissants, les habitants d'Eotopia ont appris à composer avec la réalité. "Nous fuyons le burn-out écologique, dû à des normes de vie trop spartiates. Pas question, par exemple, de se couper d'Internet." Eotopia a un abonnement à l'eau, à l'électricité, possède un frigo et une machine à laver. Mais l'idée reste de privilégier l'équipement écolo, de n'utiliser les appareils électriques, au gaz ou à moteur que lorsque c'est indispensable, et de n'acheter que ce que l'on ne peut ni récupérer ni fabriquer soi-même.

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