«Ecœuré !» Raphaël a craqué et vient de demander à son médecin de l'arrêter. «C'est plus raisonnable car je suis sur les nerfs, explique ce trentenaire employé à Paris chez un gros bailleur immobilier. Les relations avec mon chef se résument à un dialogue de sourds.» Pour lui, le retour au bureau est synonyme d'injustice : un accord de télétravail a été signé dans son entreprise, mais il fait partie des 20% de salariés qui ne pourront pas bénéficier de deux jours par semaine, mais devront se contenter d'un compteur annuel de trois jours par mois au maximum. Incompréhensible selon lui, au regard de ses «excellents résultats» obtenus à distance pendant les confinements. Son supérieur direct ne veut rien savoir, et l'ambiance est lourde dans le service…

Calme, cette rentrée sociale ? Si de nombreuses rancœurs passent sous le radar des syndicats et des mobilisations collectives, elles risquent bien de pourrir l'ambiance quotidienne dans les entreprises. «Des mécontentements individuels s'expriment pour le moment par la résignation, le repli, le désengagement, résume Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail (IST), spécialiste du dialogue social. Mais les braises couvent sous la cendre.»

Les joies du collectif

Les nouveaux motifs d'empoignade sont en effet innombrables à l'heure de retourner «au chagrin». Déjà, le seul fait de côtoyer les collègues – passé la première joie des retrouvailles – est perçu massivement comme une nuisance après des mois de travail à distance. Claire, 40 ans, cadre dans une société de services aux entreprises du Sud-Ouest, ne cache pas son agacement : «Il faut se réhabituer au passage dans l'open space, aux bruits, aux odeurs de nourriture venant du coin cafétéria ou, pire, d'un sandwich-frites mangé au poste de travail, explique-t-elle.

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