Une vague massive de départs à la retraite, et une population active en léger déclin. Telle est l’équation que devra résoudre le plan d’action de l’emploi des seniors, lancé ce 29 avril au ministère du Travail. «On est dans une situation inédite, où les 50-64 ans représentent déjà un tiers de la population active», observe Maxime Sbaihi, directeur stratégique du Club Landoy et expert associé à l’Institut Montaigne. Une transition démographique qui s’accélère d’autant plus sous l’effet du départ massif en retraite des baby-boomers, ces seniors nés entre 1943 et 1960. «C’est une pyramide des âges complètement déséquilibrée, avec une base plus mince et un sommet qui enfle», décrit Vincent Touzé, économiste à Sciences Po et lui aussi présent à la table ronde sur les enjeux démographiques de l’emploi des salariés expérimentés. En d’autres termes, il y aura plus de seniors à remplacer, et moins de jeunes à former et recruter.

Des recrutement portés par les départs en retraite, mais pas que

S’appuyant sur une étude de France Stratégie et de la Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares) publiée en 2022, Maxime Sbaihi rappelle par exemple que 490 000 postes sont à pourvoir entre 2019 et 2030 chez les agents d’entretien. D’autant que 95% de ces postes (soit 462 000) ne sont que des remplacements de baby-boomers ! Seuls 26 000 relèvent ainsi d’une véritable création d’emploi. Problème : ces métiers, souvent peu valorisés, mal rémunérés et physiquement exigeants, peinent déjà à recruter.

D’ici 2030, le défi semble donc être double : trouver du monde, certes, mais surtout améliorer l’attractivité de ces jobs pénibles. Même scénario chez les enseignants. D’ici 2030, près de 328 000 professeurs quitteront les salles de classe, tandis qu’à peine 1 000 nouveaux postes verront le jour. Autrement dit, l’Education nationale devra courir pour simplement maintenir ses effectifs.

Dans certains secteurs, le constat est tout autre. Les ingénieurs en informatique, par exemple, ne sont qu’en dixième position de ce classement des métiers à pourvoir, avec 190 000 postes vacants d’ici 2030. Mais ici, la grande majorité des emplois en question correspondront à une création pure : 115 000, contre 75 000 départs. Le signe d’un secteur en pleine expansion, porté notamment par la transformation numérique et le boom plus récent de l’intelligence artificielle. «Ces métiers, relativement jeunes, conjuguent un fort dynamisme de l’emploi et de faibles départs en fin de carrière», corrobore France Stratégie. Une tendance que l’on retrouve aussi chez les ingénieurs et cadres techniques de l’industrie, pour qui les créations de postes représentent également une part significative des besoins de recrutement.

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