L’année 2025 est bien morose sur le front de l’emploi. Alors que le nombre d'entreprises qui envisagent de recruter au moins un cadre en cette fin d'année est au plus bas, les budgets consacrés aux hausses de salaires sont en baisse pour atteindre 2,1% en moyenne cette année, contre 3,5% en 2024. Une étude réalisée par le cabinet de recrutement Robert Half révèle que 95% des salariés estiment que plusieurs mécanismes peuvent compenser ces trop faibles augmentations. «Les avantages extralégaux ne sont plus de simples compléments de salaire. Ils deviennent un marqueur de la culture d’entreprise et un levier différenciant dans la compétition pour attirer les talents», souligne Matthieu Imbert-Bouchard, directeur général de Robert Half France.

Mais quels sont les avantages privilégiés par les salariés ? Pour répondre à cette question, les auteurs de l’étude ont interrogé 1 500 personnes entre les mois de mai et juin 2025. L’enquête révèle que trois quarts des salariés (74%) recherchent en priorité une prime annuelle à la performance pour compenser une rémunération fixe trop faible. Si les employés considèrent le bonus comme un élément clé de leur rémunération globale, l’accès à ce dispositif reste limité puisqu’ils sont seulement 20% à percevoir au moins 5% de leur revenu sous forme de variable. Ce constat est particulièrement marqué chez les jeunes professionnels, dont seuls 14% accèdent à une prime de performance.

«Un outil stratégique des entreprises pour leurs recrutements en 2026»

Outre les bonus liés à la rémunération, les salariés demandent en majorité davantage de congés payés (67%) ainsi qu’une organisation du travail plus flexible (69%). Comme par exemple, davantage de télétravail ou des horaires aménagés. Enfin, un peu plus de la moitié des employés (57%) privilégient les programmes d’assurance et retraite. Si, sur la flexibilité et les primes, employeurs et salariés semblent globalement alignés, l'étude démontre que des points de tension persistent sur des éléments comme les congés payés. «Alors que l’adoption du budget 2026 a relancé des débats sur les congés payés et la qualité de vie au travail, les avantages salariaux s’imposent plus que jamais comme un outil stratégique des entreprises pour leurs recrutements en 2026, poursuit Matthieu Imbert-Bouchard. Les entreprises qui réussissent à associer rémunération, flexibilité, protection sociale et développement professionnel créent un cercle vertueux.»