
Vertigineux ! Selon l’économiste Bruno Coquet de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), entre les financements aux centres de formation, les subventions à l’embauche et les exonérations de cotisations sociales, le coût de l’apprentissage dépasse les 20 milliards d’euros par an. Certes, cette filière alternant cours à l’école et travail en entreprise a prouvé son intérêt pour aider les jeunes peu diplômés à éviter le chômage. Combiné à la réforme de 2018, qui a facilité l’ouverture de nouveaux cursus, la décision en plein Covid d’accorder des aides accrues à toutes les entreprises et pour tous les jeunes (ce qui n’était pas le cas avant) a entraîné une explosion des contrats d’apprentissage : 890 670 en 2024 contre 277 293 dix ans avant !
Problème : cette expansion a plutôt profité aux jeunes suivant des études longues. Entre 2018 et 2024, le nombre d’apprentis en licence ou master a grimpé de 415% (de 67 100 à 345 400), ceux avec un diplôme inférieur ou égal au bac de 76% (de 195 500 à 344 500). De plus, ces profils sont prisés de grosses sociétés (ayant moins besoin de soutiens). Face à ce puits sans fond, le gouvernement a décidé de raboter les aides et de favoriser de nouveau les moins diplômés et les PME. «C’était l’esprit de la loi de 2018», rappelle Bruno Coquet.
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