
La proposition fait hausser les sourcils de la CGT et de l’UNEF. Samedi 31 janvier, le Medef a proposé de créer un CDI aux conditions de rupture plus flexibles, selon La Tribune. Pour l’organisation patronale, il s’agit de lutter contre le chômage des jeunes en proposant un nouveau contrat, plus avantageux pour les entreprises et qui facilite l’embauche.
Mais pour les syndicats, c’est le grand retour d’un Contrat Première Embauche, vingt ans plus tard. Pour la CGT, il s’agit d’une «déclaration de guerre aux jeunes et aux salariés», qui dénonce cette proposition comme celle d’un «CPE XXL». En fait, le Medef propose un contrat à durée indéterminée, qui pourrait être rompu «sans motif pendant les premières années» pour les jeunes. Et cette condition crée la discorde. Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac, c’est un contrat «au rabais». Et côté Unef, la menace d’une mobilisation a été formulée, si ce nouveau contrat venait à être «imposé».
Un an avant la présidentielle, un air de déjà-vu
Selon les documents consultés par l’AFP, le Medef semble assumer les similitudes entre ce nouveau contrat et l’ancien CPE qui avait déchaîné les mobilisations en 2006, porté par le Premier ministre Dominique de Villepin. Ce contrat avait alors la particularité de proposer une longue période également durant laquelle il pouvait être rompu sans aucune justification. Mais celui-ci a été abandonné avant son entrée en vigueur.
Pour le Medef, ce nouveau CDI ne permet pas de se séparer plus facilement de ses salariés. Il s’agit de répondre à la situation précaire actuelle d’une majorité de 1,4 million de jeunes, qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études, et dont le taux de chômage est autour de 19 %. Pour la CGT, il est aujourd’hui hors de question de négocier une intégration de ce contrat. Un an avant la présidentielle, la relance de ce débat est donc hautement inflammable.
















