Le CDI jeune proposé par le Medef ne fait définitivement pas l’unanimité. La principale organisation patronale avait envisagé de créer un nouveau type de contrat à durée indéterminée pour les jeunes, résiliable à tout moment et sans motif dans les premières années. Le but était de réduire le taux de chômage des plus jeunes. Mais après une levée de boucliers des organisations syndicales, c’est le gouvernement qui repousse cette proposition, qualifiée de «CPE déguisé» d’un revers de main.

Selon une information du Parisien, Matignon a «découvert comme tout le monde» cette proposition de CDI jeune dans la presse, qui n’est «aucunement à l’ordre du jour du gouvernement». «Mettre les gens dans la rue, je ne suis pas certain que ce soit la meilleure chose à quinze mois d’une présidentielle», estime d'ailleurs un conseiller du gouvernement. «Ce n’est pas une bonne idée alors que le pays est fracturé et qu’il n’y a pas de majorité à l’Assemblée. D’autant plus que personne ne l’a demandée», ajoute un ténor des Républicains.

Des négociations déjà en cours avec les syndicats

Le gouvernement demande au Medef de se concentrer sur les dossiers déjà en cours, notamment entre le patronat et les organisations syndicales : «Sur le travail, notre priorité est qu’ils terminent d’abord les négociations en cours, avec un accord espéré sur l’assurance chômage, particulièrement sur les ruptures conventionnelles», explique l’entourage du Premier ministre à nos confrères. Du côté de Bercy, on encourage le syndicat à faire «des propositions sur le coût du travail et le financement de la sécurité sociale».

Face à cette vague de critiques, le Medef a réagi en assurant qu’il ne s’agissait «que d’une piste de réflexion parmi d’autres évoquées par Patrick Martin (…). Cette note, qui n’avait aucun caractère officiel, visait l’emploi du 1,4 million de jeunes aujourd’hui sans emploi, sans études et sans formation, pas des surdiplômés. Elle avait bien sûr vocation à être améliorée, et surtout pas à être utilisée comme cela».