Les salariés français sont-ils souvent en grève ? Certains pourraient le penser en raison de celles médiatisées, notamment dans le secteur des transports. Mais globalement, les grèves sont de moins en moins nombreuses, révèle BFM. Si l’on prend les chiffres de 2024, il y a eu plus de deux tiers de grèves en moins cette année-là par rapport à 2023. Pourquoi un tel écart ? Notamment parce que l’année 2023 avait été marquée par une fronde sociale importante liée à la réforme des retraites.

Dans le détail, 1,6% des entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé ont connu une ou plusieurs grèves. A titre de comparaison, elles étaient 2,7% un an auparavant, nous apprend la Direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (Dares). Autre chiffre intéressant : 23% des sociétés de plus de 500 salariés ont connu au moins une grève. C’est beaucoup plus que les petites entreprises (10 à 49 salariés) qui n’ont connu que 0,8% de grèves.

403 jours de grève dans le secteur des transports

En termes de jours, l’année 2024 marque donc un net recul : 62 jours de grève contre 171 en 2023, soit plus de deux fois moins. Les chiffres atteints en 2024, en forte baisse donc, se rapprochent des années les moins conflictuelles, comme en 2008, précise BFM. Les disparités sont également grandes selon les secteurs. Ainsi, les trois plus concernés par les mouvements de débrayage sont les entreprises de fabrication de matériels de transport (5,5%), devant celles de fabrication d'équipements électriques (4,3%) et l’enseignement, la santé et l’action sociale privés (4,5%).

Sans surprise, le secteur des transports est particulièrement touché avec 403 jours de grève pour 1 000 salariés en 2024. Toutefois, le chiffre est moitié moins important qu’un an auparavant (894 jours). C’est également le cas dans l’industrie (90 jours de grève pour 1 000 salariés) mais, là encore, le chiffre est presque divisé par trois ! Dans le tertiaire, on a dénombré 62 jours d’arrêt de travail en 2024.

C’est peu par rapport au transport, mais très élevé par rapport au bâtiment et à la construction, très épargnés : trois jours de grève pour 1 000 salariés. En ce qui concerne les motifs liés à ces débrayages, les réformes politiques sont bien moins mises en avant. Il s’agit davantage de revendications liées au salaire (plus de la moitié), mais aussi et surtout aux conditions de travail et au temps de travail. Ces deux motifs ont bondi en un an.