Parler à la radio lui a coûté son emploi. Un gardien d’immeuble parisien vient d’obtenir gain de cause devant la justice après avoir été licencié à la suite d’une intervention à la radio pour défendre une locataire en difficulté, rapporte Le Parisien. Une affaire qui relance le débat sur la liberté d’expression des salariés. Le 8 février 2024, cet employé de 61 ans, proche de la retraite, prend la parole en direct dans l’émission Ça peut vous arriver animée par Julien Courbet sur RTL. Il y évoque la situation préoccupante d’une locataire vivant dans un logement marqué par des problèmes d’humidité, ainsi que des interrogations sur la surface réelle du bien.

Mais cette prise de parole ne passe pas auprès de son employeur, Paris Habitat, principal bailleur social de la capitale. L’organisme lui reproche des déclarations jugées inexactes et contraires à son devoir de loyauté. Deux mois seulement avant son départ en retraite, le gardien est licencié pour faute grave, sans préavis ni indemnités. Cette décision plonge l’homme dans une situation particulièrement difficile.

Menacé d’expulsion

Privé de revenus et occupant un logement de fonction, il se retrouve menacé d’expulsion. Pendant plusieurs mois, il parvient néanmoins à rester dans les lieux grâce à des recours judiciaires engagés par son avocat. Saisi de l’affaire, le conseil de prud’hommes de Paris a finalement tranché le 9 avril en faveur du salarié. Les juges ont estimé que son intervention relevait de la liberté d’expression, dans le cadre d’un sujet d’intérêt général. En conséquence, le licenciement a été jugé nul. Le bailleur social a été condamné à lui verser plus de 97 000 euros d’indemnités.

Cette décision ne met toutefois pas un terme au dossier. La réintégration du gardien a été écartée, notamment en raison d’antécédents judiciaires. De son côté, Paris Habitat a annoncé son intention de faire appel. Une procédure distincte concernant l’expulsion du logement reste également en cours.