
Après les révélations faites par l’émission Complément d’Enquête, diffusée sur France 2, déjà évoquée dans un précédent article, France Travail rectifie sa trajectoire selon France Info. Pour rappel, l’émission révélait l’existence de formations aux intitulés surprenants, financées par l'agence, faisant parfois référence à la recherche d’elfes ou de gnomes, ou encore à la communication avec des êtres invisibles. Des thèmes qui interrogent, d’autant qu’elles n’ont rien à voir avec la recherche d’emploi.
Depuis, l’agence est donc en train de mettre en place un dispositif permettant de signaler plus facilement les formations suspectes présentes sur son site. Selon le directeur orientation et formation de l’établissement, Hervé Jouanneau, certains intitulés de formations avaient déjà éveillé les soupçons. «Chamanisme, mission de l'âme, guérison karmique… On a identifié des mots-clés qui nous paraissaient véritablement ne pas être en rapport avec de la formation professionnelle» explique-t-il. Par ailleurs, selon les informations de Complément d’enquête, de nombreux demandeurs d’emploi se voyaient proposer des stages de «développement personnel», là aussi, éloignés d’un retour classique à l’emploi.
Un filtre supplémentaire pour mieux contrôler
Depuis les révélations, France Travail étudie donc un nouvel outil, qui permettra de signaler toutes les formations aux intitulés douteux et éloignés de la recherche d’emploi. Un outil pensé avec la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui pourrait être utilisable dès l’automne prochain. Il reposerait notamment sur les demandeurs d’emploi, qui seraient en capacité de signaler les offres douteuses.
Pour France Travail, le sujet des formations est particulièrement sensible. Et pour cause, en 2025, l’agence a financé 270 000 formations, avec 1,2 milliard d’euros. Et certaines de ces formations douteuses sont parfois partiellement financées par des fonds publics. Selon Hervé Jouanneau, depuis janvier dernier, 250 formations ont déjà été supprimées. Il assure qu’il est déterminé à en supprimer davantage lorsque les prochaines formations douteuses seront découvertes. Par ailleurs, il rappelle également que le catalogue de formations disponibles n’est pas constitué par France Travail, mais le réseau des Carif-Oref.



















