
L'infraction était gravissime, aux yeux de son employeur. Ce salarié d'un supermarché espagnol l'a appris à ses dépens ce jour de mars 2024 où il a mangé deux bâtonnets de réglisse à la fraise faisant partie des marchandises endommagées et donc destinés à finir dans une poubelle. En trois ans de travail dans l'enseigne Mercadona, il n'avait commis aucun impair. Mais pour avoir consommé ces friandises, il a reçu une lettre de licenciement disciplinaire, rapporte La Dépêche. La presse locale précise que le salarié avait offert une pleine boîte de ces bâtonnets à l'un de ses collègues, pensant en avoir le droit puisqu'il devait de toute façon la jeter.
L'homme a saisi la justice. Après un premier jugement à Bilbao, l'affaire a été mise entre les mains de la Haute cour de Justice du Pays Basque, qui a confirmé, début avril, que l'employeur était dans son tort et que cette sanction n'était pas justifiée. Les magistrats ont considéré que l'enseigne n'aurait tiré aucun profit de ces marchandises et qu'elle aurait pu envisager un avertissement plutôt qu'un licenciement. Par ailleurs, le statut de parent célibataire à temps partiel du salarié concerné a pu constituer un motif de discrimination, estime le tribunal.
L'enseigne doit réintégrer immédiatement le salarié
L'enseigne Mercadona s'était déjà illustrée par un rappel à l'ordre fin 2023 vis-à-vis d'un salarié qu'elle accusait d'avoir indûment emporté chez lui un sac de fête lui aussi destiné à être détruit. Mais ce même employé avait, un mois plus tard, obtenu une excellente note de performance, contredisant, d'après le tribunal, la notion de «perte de confiance irréparable» avancée par l'employeur. Ce dernier devra réintégrer immédiatement le salarié licencié et lui verser l'intégralité des salaires qu'il n'a pas perçus pendant la durée de l'instruction.
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