
En février dernier, le taux de chômage de l’Union européenne a atteint 5,9 % selon les données publiées cette semaine par Eurostat et relayées par BFM. Un taux historiquement bas et qui égale son plancher de fin 2024, qui s’élevait lui-même à 5,8 %. Une nette baisse depuis 2013, qui s’explique par une tendance observée dans plusieurs pays européens. Mais ce constat est à relativiser. Parmi ces pays, certains sont parvenus à atteindre le plein-emploi et d’autres peinent à se débarrasser d’un chômage structurel élevé, même si leur situation s’améliore depuis une dizaine d’années.
La France figure parmi ces derniers, avec un taux de chômage qui a diminué de 2,5 points depuis 2016. Mais le pays reste parmi les plus mauvais élèves de l’Union européenne, avec un taux de chômage s’élevant à 7,8 %, qui a tendance à augmenter de nouveau ces derniers mois dans un contexte où les entreprises recrutent moins alors que la population active continue d’augmenter. Et la situation ne devrait pas s’arranger, puisqu’à la mi-2026, l’INSEE prévoit un taux de chômage dépassant les 8 %. Toutefois, pour le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, «tout dépendra de la durée de la crise et de son ampleur». Par ailleurs, la promesse de plein-emploi au début de son premier mandat semble définitivement mise de côté.
Une Europe à plusieurs vitesses
Dans le détail, le cas de la Pologne est intéressant. Le chômage du pays est au plus bas (3,2 %), tout comme celui de la République tchèque ou de la Bulgarie. Mais en Pologne, où le plein-emploi a été atteint, et où le dynamisme économique est admiré, la situation masque d’autres problèmes, dont le déclin démographique. La Pologne est un des pays avec le taux de natalité le plus faible, tombé au-dessous de 1,1 enfant par femme. La population s’élève à moins de 38 millions d’habitants.
De leur côté, les pays de l’Europe du Sud voient leur situation s’améliorer. L’Italie a réduit son taux de chômage de 11,6 à 5,3 % depuis 2016, tout en traversant une crise démographique. La situation de la Grèce est aussi impressionnante, où le taux de chômage s’élève à 8,5 %, et a diminué de 15 points en dix ans. Enfin, le taux de chômage de l’Espagne est passé sous la barre des 10 % en février 2026. Aujourd’hui, le dernier de la classe est la Finlande, dont le taux de chômage s’élève à 10,4 %, en raison de sa croissance économique très fragile.



















