De prof à infirmière, de la région parisienne à la Nouvelle-Aquitaine : Alexia, quadragénaire, se sentait à l’étroit dans son deux-pièces en Seine-Saint-Denis et dans les classes surpeuplées de son collège. Enseignante pendant dix ans, elle cherchait un job «plus proche des gens». Bilan de compétences en poche, elle se relance dans trois ans d’études pour devenir infirmière. «Les deux métiers sont utiles à la société, mais contribuer à la santé des patients a un retour plus immédiat. Ça renforce la satisfaction du travail bien fait à la fin de la journée. Changer le monde, pour moi, c’est contribuer à améliorer concrètement la vie des gens», explique-t-elle dans son jardin, non loin de Poitiers, «un endroit idéal pour élever nos deux enfants».

Comme Alexia, ils sont des milliers de salariés à ne plus se sentir à l’aise dans leur job, à se projeter sur le grand tableau blanc des possibles et à s’imaginer là-bas, ailleurs, en mieux. Mais les motivations de ces nouveaux reconvertis ont changé. Il n’y a pas si longtemps, les «premiers de la classe», rencontrés par Jean-Laurent Cassely, diplômés d’HEC ou de Polytechnique, devenaient boulangers ou charpentiers pour mettre la main à la pâte et voir concrètement le résultat de leur travail. Avec le Covid, l’envie de fuir à la campagne, loin des contagions, a mis sur les routes une population de bobos adeptes de télétravail au vert. Mais la pandémie a aussi été un accélérateur de remise en question personnelle et professionnelle, notamment avec ses confinements, propices aux grandes introspections. Trois ans après, le moteur du changement n’est plus tout à fait le même : c’est désormais le désir de changer le monde qui détermine les nouveaux candidats à la reconversion professionnelle.

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