Négocier une augmentation de salaire au cours de l’année 2023 : c’est ce qu’auraient l’intention de faire 6 salariés sur 10, selon une étude du cabinet Robert Half (novembre 2022). Alors que l’inflation, qui a atteint près de 6,2% en 2022, semble partie pour durer, il est naturel de vouloir protéger son pouvoir d’achat. Le plus simple est de profiter de l’entretien annuel, lorsqu’il existe, pour évoquer le sujet. « Partant du principe que l’on aura bien affûté ses arguments, il faut prévoir assez de temps pour les exposer et en débattre. La question du salaire doit donc être évoquée plutôt au début, au bout de cinq à dix minutes d’échanges », conseille Laure Charbonneau, directrice de Robert Half.

Votre manager ne va pas forcément aborder le thème spontanément. A vous de le mettre sur la table, sans le brusquer : « Lorsque l’occasion se présente, glissez : “Au fait, il y a un sujet qui me tient à cœur, et dont je souhaite parler avec toi, c'est l’évolution de ma rémunération.” Et là, commencez la discussion», poursuit Laure Charbonneau.

La négo débute. Ne dévoilez pas tout de suite le montant que vous avez en tête. Votre supérieur hiérarchique risque de se focaliser sur le chiffre et de ne prêter qu'une attention distraite à votre argumentaire. Commencez plutôt par résumer vos réussites et votre contribution à la dynamique de l’entreprise : « Voilà ce que j’ai réalisé depuis un an… » Puis déroulez : acquisition de nouveaux clients, conduite d’un projet réussi, réalisation d’économies… Des faits incontestables et chiffrés, en ligne avec les objectifs de l’employeur, seront votre meilleur atout.

« Mais n'oubliez pas de détailler votre contribution à la réduction des interférences, ces choses qui perturbent la dynamique d’une boîte, ajoute Nicolas Dugay, directeur général du cabinet de coaching Prefera. Par exemple, j’ai réussi l’intégration de deux jeunes recrues et donc participé à la diminution du turnover. » Toutes les actions qui concourent à améliorer la motivation et la rétention des salariés auront beaucoup d’impact. « C’est l’argument du moment, trop souvent oublié des managers intermédiaires : préciser comment on a permis de faire monter les compétences de tel ou tel, et donc l’efficacité de son équipe », assure Ingrid Pieronne, cofondatrice du cabinet en développement professionnel L’effet déclencheur.

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