«Tu es une femme, ta place est auprès de ta famille.» Voilà la réponse qu’un représentant syndical de son entreprise a formulée à Valentine*, employée d’un opérateur de télécoms. Celle-ci bataillait pourtant depuis des mois contre son supérieur qui bloquait, sans raison valable selon elle, toutes ses demandes de promotion. Elle espérait donc un soutien de la part de son délégué syndical, même si celui-ci ne cachait pas ses convictions religieuses musulmanes. «Quand cet élu m’a dit ça, sans témoin, devant la machine à café, j’ai été effarée», se rappelle-t-elle.

Placés au cœur des relations sociales, les syndicats ne sont bien sûr pas à l’abri de telles irruptions du fait religieux en entreprise. Et, même si aucune ne le reconnaîtra ouvertement, toutes les centrales surveillent comme le lait sur le feu leurs sections qui, sur le terrain, peuvent faire l’objet «d’entrisme» de la part de salariés particulièrement prosélytes. Une stratégie vieille comme le trotskisme, qui verrait ces militants faire croître les effectifs syndiqués sur la base des seules convictions religieuses des encartés, avant de ne plus relayer que des demandes en lien avec la pratique religieuse.

La suite est réservée aux abonnés
Offre spéciale -30% avec le code HIVER26
  • Accès à tous nos articles pour comprendre l’économie
  • Des conseils pratiques et solutions concrètes pour gérer vos finances
  • Lecture immersive, publicité limitée
  • Sans engagement