
L’intelligence artificielle (IA) est-elle sur le point de mettre en danger certains emplois ? Face à l’impact grandissant de l’IA sur le marché du travail, Marylise Léon a décidé de tirer la sonnette d’alarme en jugeant «urgentissime» l’ouverture d’un dialogue social au sein des entreprises. Pour la secrétaire générale de la CFDT, il n’existe en effet pas de «déterminisme technologique» mais bel et bien des choix d’organisation à effectuer, a-t-elle indiqué au micro de France Inter.
«J’entends régulièrement que l’IA va supprimer des emplois, mais ce n’est pas l’IA qui supprime des emplois, ce sont les entreprises qui l’utilisent et décident dans leur organisation, dans un réflexe souvent pavlovien, de faire des gains de productivité», a-t-elle dénoncé auprès de nos confrères. Jugeant désormais primordial de débattre sur la façon dont l’IA va métamorphoser le travail et les métiers, Marylise Léon a ainsi appelé les entreprises à associer les représentants de salariés à cette transformation.
L’IA provoque des créations et des suppressions d’emplois
Alors que, pour la secrétaire de la première confédération syndicale, l’IA se déploie au sein des entreprises «avec la stratégie du fait accompli», nombreux sont les employeurs à courir un peu après cette technologie «et considèrent que cela ne doit pas faire l’objet d’un dialogue social», a-t-elle déploré. Par ailleurs, alors que l’IA créé aujourd’hui des emplois et en supprime en transformant tous les métiers, reste qu’il y a «urgence à assurer cette transmission». «On ne peut pas dire qu’on va passer d’une étape A à une étape B et qu’on verra, au bout du bout, qui continuera d’être présent dans l’entreprise», a précisé Marylise Léon.
Il faut dire que le temps presse. Dernièrement, plusieurs grands groupes ont en effet annoncé des suppressions d’emplois en France. C’est le cas notamment de la Société Générale qui a fait savoir ce jeudi 22 janvier que 1 800 postes allaient être supprimés d’ici la fin de l’année 2027 en expliquant qu’il était nécessaire de «renforcer l’automatisation et l’usage de l’intelligence artificielle». Quant à Capgemini, le géant français des services informatiques, celui-ci a également dit envisager la suppression de 2 400 postes pour se transformer et «répondre aux challenges et opportunités créés par l’accélération des mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle».


















