
Travailler par blocs courts, s’interrompre pour gérer ses obligations personnelles, puis reprendre plus tard : le «micro shifting» bouscule les codes traditionnels du bureau. «Une méthode de travail flexible qui consiste à effectuer ses tâches professionnelles par courtes périodes productives, plutôt que de suivre un horaire fixe de 9h à 17h», décrit l’agence de presse AP citée par Ouest-France. Popularisée pendant la pandémie de Covid-19, cette organisation s’impose peu à peu dans certaines entreprises. Concrètement, les journées se découpent en séquences de 45 à 90 minutes, alternant travail et temps personnel.
L’objectif est de s’adapter aux rythmes individuels plutôt qu’aux contraintes collectives. Une approche qui répond à une attente forte des salariés : selon une étude de Owl Labs, «65 % des employés aimeraient pouvoir découper leur temps de travail comme bon leur semble». Certains seraient même prêts à y laisser une partie de leur salaire, souligne une étude relayée par The Guardian. Les défenseurs de cette méthode mettent en avant ses bénéfices. En travaillant selon leurs pics de concentration, les salariés éviteraient les baisses de régime et gagneraient en efficacité. Les consultants RH cités par The Guardian estiment même que «cette méthode peut réduire l’épuisement professionnel, permettant aux employés de déconnecter».
Une méthode qui n'est pas sans inconvénients
Mais cette flexibilité a son revers. «À première vue, il semble séduisant et valorisant. Mais cela risque de compromettre notre capacité à déconnecter complètement du travail ou même à nous sentir pleinement présents», prévient la coach de carrière Penelope Jones. À force d’alterner en permanence entre vie pro et perso, le risque est de ne jamais vraiment couper. D’autant que cette pratique existe déjà, de manière informelle : «51 % des employés programment déjà des rendez-vous personnels pendant leurs heures de travail traditionnelles. Ce chiffre atteint 61 % chez les jeunes de la génération Z», note The Guardian. Le «micro shifting» ne ferait qu’officialiser cette tendance.
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