
Premier enseignement de cette étude : la rémunération reste un sujet hautement sensible. Plus de six salariés sur 10 (61 %) se disent insatisfaits de leur rémunération mais plus des deux tiers (67 %) n’ont pas demandé d’augmentation au cours des 12 derniers mois.
Et le sujet est sensible : le salaire est le premier élément susceptible de faire partir un salarié de son entreprise (31%), devant le manque de sens au travail (28%) et le déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle (27%). Encore plus flagrant, les perceptions ne sont pas les mêmes selon le genre : si 72 % des salariés estiment que femmes et hommes sont rémunérés de manière équivalente à poste égal, cette opinion est beaucoup moins partagée par les femmes (elles ne sont que 65% à le penser).
La santé mentale, un enjeu de taille
Si la santé mentale a été désignée Grande Cause nationale en 2025, les entreprises devraient s’emparer du sujet puisque 41 % des personnes sondées déclarent avoir déjà connu un burn-out ou un état d’épuisement professionnel. Un chiffre qui atteint 54 % chez les moins de 35 ans. «On peut voir, entre autres, derrière ce chiffre inquiétant l’impact du Covid», analyse Tiphaine Galliez, directrice consulting Great Place to Work.
Autre point intéressant, le décalage entre le vécu des salariés et des managers : 26 % de ces derniers pensent que leur entreprise ne met en place aucune action concrète de prévention et de soutien sur le sujet de la santé mentale, alors que le chiffre grimpe à 40 % quand il s’agit de non-managers. Un éloignement que l’on pourrait attribuer à une mauvaise communication interne.
L’intelligence artificielle divise
«Pour la première fois, ce sont les plus de 35 ans qui sont réfractaires à l’utilisation de l’intelligence artificielle car ils considèrent qu’elle va détruire des emplois et mettre en difficulté leur expertise. Mais comment faire si ceux en charge du sujet de l’IA en ont peur alors que 74 % des moins de 35 y ont déjà recours ?», interpelle Jullien Brezun, directeur général de Great Place to Work France.
Si l’IA est perçue comme une opportunité d’efficacité et d’évolution des compétences, l’enquête souligne le fait que moins d’un salarié sur deux (47%) se voit proposer un accompagnement par leur entreprise. Ce qui va accentuer les écarts de capacité à se projeter, de confiance et de maîtrise face à cette transformation déjà en cours.
De nouvelles attentes en termes de management
Qui a dit que la génération Z ne voulait pas travailler ? Parmi les personnes de moins de 35 ans interrogées, ils sont plus de 71 % à souhaiter prendre davantage de responsabilités, motivés principalement par le développement professionnel, l’amélioration de la rémunération et une plus grande participation aux décisions.
Et qu’attendent les salariés de leurs managers ? Qu’ils soient accessibles et à l’écoute (55 %), garants de la qualité de vie au travail (46 %) et d’excellents communicants capables de motiver (40 %). «En clair, ils demandent à ce qu’on prenne soin d’eux, conclut Jullien Brezun. En tout cas, les Great Insights 2026 montrent un monde du travail polarisé, mais des salariés qui restent engagés et désireux de progresser».
*étude réalisée sur un échantillon représentatif de 4246 actifs français, dans une enquête menée en ligne par l’institut Toluna en décembre 2025


















