Des patrons boulangers en colère et une Fédération qui souhaite une dérogation pour le secteur. Dans la semaine, le débat a été relancé sur le travail du 1er mai, normalement autorisé seulement aux secteurs dits essentiels. Comme l’a rappelé Capital, selon la loi, il n’existe aucune exception pour les professionnels du pain. Et la polémique s’est accentuée, car beaucoup estiment que le 1er mai est une journée sacralisée et que les salariés n’ont pas à travailler. En effet, comme le rappelle Hello Workplace, selon le Code du travail (article L.3133-4), le 1er mai est un jour «obligatoirement chômé».

Pas de travail, mais une rémunération. Comme évoqué précédemment, certains secteurs peuvent bénéficier d’une exception, selon l’article L.3133-6 du Code du travail, car ils «ne peuvent pas interrompre leur travail en raison de la nature de leur activité». Si tel est le cas, les salariés doivent être payés double. A noter que, selon l’article L222-8, «les heures de travail perdues en raison du congé du 1er mai peuvent être récupérées».

Les fleuristes veulent aussi pouvoir travailler le 1er mai

Malgré la polémique, la ministre du Travail, Catherine Vautrin, s’est engagée le 16 avril à «soutenir les initiatives parlementaires qui feront évoluer la loi et permettront aux salariés des boulangeries de travailler le 1er mai s’ils le souhaitent». Sur France 2, la ministre a rappelé que «le pain est une tradition française» et regrette qu’un boulanger soit «autorisé à travailler le 1er mai, mais pas ses salariés». Dans la foulée, la ministre chargée du Travail et de l’Emploi a appuyé ces déclarations.

Pour Astrid Panosyan-Bouvet, «on doit pouvoir laisser faire» (les boulangers) «si, sur une base volontaire avec des compléments de salaire, les gens ont envie de s’organiser». Toutefois, il sera nécessaire de «clarifier les choses dans la loi». Alors qu’une proposition de loi est en cours de préparation à l’Assemblée nationale, d’autres professions réclament à leur tour de pouvoir travailler le 1er mai. La Fédération des Artisans fleuristes a interpellé le gouvernement, rappelant que cette journée était «importante» pour eux notamment, car la profession connaît un «pic d'activité lié à la vente traditionnelle de muguet».

La Fédération des fleuristes souligne également que «les salariés qui travaillent le 1er mai sont volontaires et sont payés double», comme il est précisé dans la convention collective de la profession. «À l’heure où le gouvernement doit faire 40 milliards d’euros d’économies, il semble impensable que l’État puisse se priver des recettes fiscales et des charges générées par le travail des artisans fleuristes le 1er mai», a fustigé son président, Farell Legendre.

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