
Votre boulangerie sera-t-elle ouverte le 1er mai ? Théoriquement, non. Ce jour-là, «dans la loi, est le seul de l'année qui est certes férié, mais surtout chômé» a rappelé la ministre du Travail, Catherine Vautrin, le 22 avril sur le plateau de Sud Radio. Mais il n'est pas rare que les boulangers – ainsi que les fleuristes et autres petits commerces – bravent l'interdiction et ouvrent leurs portes, s'exposant à des risques de contrôle de l'inspection du travail. Et personne ne peut s'y opposer, pas même la ministre.
«Ce sont les inspecteurs qui déterminent leurs plans de contrôle», explique Catherine Vautrin, pour qui «l’indépendance de l’inspection du Travail est un sujet majeur». Alors le 1er mai, elle les laissera faire leur travail, consistant à contrôler voire sanctionner ceux qui font le leur... illégalement. Mais, insiste la ministre, «je dis aux boulangers que eux, peuvent travailler, tout comme leurs conjoints non salariés.» Comprendre : faire venir leurs salariés, même avec leur accord, c'est non.
L'Union des entreprises de proximité appelle à ne pas les sanctionner
De nombreuses voix s'élèvent contre l'interdiction faite aux petits commerces d'ouvrir boutique le 1er mai. Parmi elles, l'Union des entreprises de proximité (U2P) a publié un communiqué le 24 avril, dans lequel elle dénonce des «situations absurdes et souvent injustes qui font que certains professionnels de proximité (bouchers, boulangers, charcutiers, fleuristes…), sont empêchés par la loi de faire travailler leurs salariés le 1er mai, alors que leurs activités sont essentielles à la population.» Pour rappel, les contrevenants risquent une amende de 750 euros par salarié au travail ce jour-là, le double par salarié mineur.
L'U2P réclame un engagement rapide de la part de l'Etat, lui demandant de «ne pas sanctionner les entreprises qui souhaiteront faire travailler leurs salariés, sous réserve de leur accord et d’une rémunération doublée.» La Ministre, de son côté, a admis qu'il fallait «adapter les textes, pour faire reconnaître que certaines professions ont une activité nécessaire au quotidien». Mais quand ? Pas de réponse. Pour l'heure, les inspecteurs du Travail seront sur le terrain le 1er mai prochain. Catherine Vautrin aussi... peut-être. Cette dernière a en effet affirmé qu'«à titre personnel», elle serait «prête à aller aider un boulanger bénévolement s'il en a besoin». Chiche ?


















