Partout, la révolte des familles gronde. "A l’Ehpad Pimpeneau Oasis, près de Blois, c’était la catastrophe", assène ainsi Véronique Parreira, une habitante de Tours qui se démène depuis des années pour la prise en charge de sa mère. Pour un peu plus de 2.000 euros par mois, cette désormais centenaire y a presque tout subi : les locaux exigus, le turnover dans le service, les couches souillées pas assez vite changées, les douches toutes les deux, voire trois semaines. Jusqu’au jour où sa fille a dit stop, et retiré définitivement sa mère de l’établissement.

Son cas est loin d’être isolé : depuis le courant de l’année 2020, les proches des locataires de cet Ehpad rattaché au centre hospitalier de Blois (Loir-et-Cher) n’ont cessé de dénoncer, par plusieurs courriers envoyés aux autorités, "la situation particulièrement dégradée de la prise en charge des résidents, du fait du manque de personnel".

A la différence des Orpea, Korian et autres sous le feu des projecteurs, cet établissement, dont les tutelles n’ont pas répondu à nos sollicitations, relève du public. "On met tout sur le privé, alors que ce secteur n’est pas mieux loti, on le sait depuis longtemps", soupire Véronique Parreira. Le manque de moyens y est tout aussi criant. "Il entraîne une maltraitance institutionnelle", résume Dominique Bourgoin, l’un des porte-parole du collectif Familles Blois Ehpad, qui a lui-même récupéré sa mère, "8 kilos en moins", à l’issue du premier confinement.

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Force est de reconnaître que les acteurs du grand âge – qu’ils viennent du privé, du public ou de l’associatif – n’ont pas attendu Les Fossoyeurs, le livre de Victor Castanet, pour dénoncer ce mal-être de nos aînés. Déjà, en 2017, les personnels des Ehpad lançaient une première grève contre leurs conditions de travail, et un rapport des députées Monique Iborra et Caroline Fiat pointait du doigt "la profonde crise" du modèle.

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