Le Parti socialiste ne désarme pas. Avant même la conférence de presse du Premier ministre sur les retraites du jeudi 26 juin, les députés socialistes avaient déposé une motion de censure, rapporte Les Échos. Signée par l’ensemble des 66 membres du groupe, dont François Hollande, elle vise à sanctionner la méthode de François Bayrou, accusé d’avoir entravé les discussions avec les partenaires sociaux et trahi ses propres engagements.

Les socialistes reprochent aussi au chef du gouvernement d’avoir exclu toute possibilité de revenir sur la réforme de 2023, notamment sur la retraite à 62 ans. Malgré les engagements affichés par Bayrou de traduire les avancées dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, la gauche n’est donc pas convaincue. Arthur Delaporte, porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, fustige une « tentative d’enfumage » de Matignon.

Un isolement croissant du Parti socialiste à gauche

Dans sa prise de parole, François Bayrou a minimisé les critiques et insisté sur les « accords essentiels » obtenus lors du conclave sur les retraites. Il s’est dit « surpris » par la position du PS, soulignant que ce dernier devrait, au nom de son héritage réformiste, saluer les avancées plutôt que les censurer. Il y voit une manœuvre interne : « Ils avaient besoin de manifester un signe d’opposition pour des raisons internes. »

Mais pour les socialistes, le temps des compromis est terminé. « Nous avons été floués », a lâché le député Laurent Baumel depuis le Palais-Bourbon, dénonçant un processus biaisé au profit du Medef. L’attaque est claire : selon le député, le Premier ministre ne comprend ni la concession, ni le compromis. Dans cette séquence politique tendue, La France Insoumise a choisi de voter la motion de censure socialiste, tout en regrettant que le PS ait refusé une initiative unitaire de toute la gauche. « Face à cette situation, nous refusons d’ajouter le ridicule au sectarisme », a tranché le groupe insoumis dans un communiqué. Le Rassemblement national, lui, ne votera pas la censure, estimant que la question des retraites sera débattue à l’automne lors du budget. Une abstention qui pourrait bien offrir à Bayrou un court sursis.