Le 15 avril, le ministre de l'Industrie a évoqué, parmi les pistes possibles d'économie dans l'élaboration du budget 2026 de l'Etat, la suppression de l'abattement fiscal de 10% dont bénéficient actuellement les retraités français. «Tout doit être sur la table» estime Marc Ferracci. Sur la table de la conférence sur les finances publiques, en l'occurrence, qui s'est déroulée le même jour, animée par le Premier ministre François Bayrou.

L'abandon de cet abattement ne fait pas l'unanimité dans le pays, et a provoqué, en janvier, un couac gouvernemental entre Astrid Panosyan-Bouvet et Eric Lombard. La ministre du Travail avait proposé de faire contribuer au financement de la protection sociale «les personnes retraitées qui peuvent se le permettre», évaluant leur nombre à «40%», «en fonction du niveau de pension». Mais Eric Lombard avait balayé : «La position du gouvernement est sans ambiguïté : pas de nouveaux impôts sur les ménages !»

«Je suis tout-à-fait d'accord pour que les retraités aisés paient plein pot les impôts»

Louis Gallois a, semble-t-il, choisi son camp. L'ancien PDG d'Airbus et co-président de la Fabrique de l'industrie, invité sur le plateau de LCI le 14 avril, n'y est pas allé par quatre chemins : «Je suis tout à fait d'accord pour que les retraités aisés paient plein pot les impôts». Remettant en cause l'abattement fiscal de 10%, il appelle également à repenser la désindexation : «On a voulu désindexer toutes les retraites. Je pense qu'il fallait en désindexer CERTAINES». Et d'insister : «Le problème, c'est que les personnes aisées s'appuient sur les personnes moins aisées pour défendre leur pré carré».

Le lendemain, Marc Ferracci, de son côté, avançait les chiffres : l'abattement fiscal des retraités «coûte au budget à peu près 4 à 5 milliards d’euros, et repose sur l’idée qu’il y a un abattement pour frais professionnels des retraités, ce qui peut paraître un peu surprenant !» Reste à savoir si cette mesure sera finalement validée. Au vu des oppositions qu'elle suscite, notamment dans les rangs parlementaires du RN et de la France insoumise, François Bayrou ne voudra peut-être pas risquer la censure de son gouvernement en l'adoptant dans le cadre du budget.

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