Bien que le Per soit l'un des placements préféré des Francais, le piège est souvent le même : beaucoup de particuliers regardent uniquement le rendement affiché de leur PER sans additionner l’ensemble des frais prélevés pendant toute la durée du contrat. Pourtant, ce sont ces coûts cumulés qui déterminent la véritable performance nette de l’épargne sur le long terme.

Dans de nombreuses simulations commerciales, les PER sont présentés avec des hypothèses de rendement brut pouvant atteindre 5 % à 6 % sur le long terme. Mais ces projections ne reflètent pas toujours la performance réellement perçue par l’épargnant une fois les frais déduits. Frais de versement, frais de gestion annuels, coûts liés aux unités de compte, gestion pilotée ou arbitrages : additionnés sur vingt ou vingt-cinq ans, ces prélèvements peuvent avoir un impact significatif sur la rentabilité finale du placement.

Des frais qui influencent directement la performance du PER

« Les frais de versement sont aujourd’hui parmi les plus sous-estimés par les épargnants », observe Andy Gougouehi, courtier et intermédiaire en assurance et épargne, fondateur d’AG Capital Vie. Prélevés à chaque dépôt sur le contrat, ces frais peuvent encore grimper jusqu’à 5 % dans certains contrats, selon plusieurs comparatifs du marché.

Mais les spécialistes invitent surtout les épargnants à surveiller les frais de gestion. Contrairement aux frais d’entrée, ils sont prélevés chaque année sur l’encours total du contrat, ce qui renforce leur impact avec le temps. « Les frais de gestion impactent fortement le capital sur le long terme puisqu’ils sont prélevés chaque année sur l’ensemble du capital détenu », souligne Andy Gougouehi.

Selon une simulation de France Épargne, un PER alimenté à hauteur de 300 euros par mois pendant 25 ans avec une hypothèse de rendement brut de 6 % peut afficher près de 36 000 euros d’écart sur le capital final entre un contrat facturant 1 % de frais annuels et un autre à 2 %

Comprendre les leviers de performance du PER

Pour autant, analyser un PER uniquement à travers ses frais serait réducteur. La performance dépend aussi de la manière dont l’épargne est investie et pilotée dans le temps. La plupart des contrats proposent plusieurs profils de gestion ( prudent, équilibré ou dynamique ) qui influencent directement le potentiel de performance du placement.

Le choix des supports d’investissement constitue également un levier important. Certains PER donnent accès à des unités de compte très diversifiées ( fonds actions, obligations, ETF ou immobilier ) tandis que d’autres proposent une offre plus limitée ou des supports aux frais plus élevés. Certaines garanties optionnelles, comme les garanties décès ou garanties plancher, peuvent aussi augmenter le coût global du contrat.

Concrètement, un épargnant versant 250 euros par mois sur un PER, soit 3 000 euros par an, avec une hypothèse de rendement brut de 6 %, ne percevra pas nécessairement cette performance finale. Avec 3 % de frais de versement, une partie des sommes déposées est prélevée dès l’entrée. À cela peuvent ensuite s’ajouter des frais de gestion annuels de 1 % à 2 %, ainsi que le coût de certaines garanties ou options de gestion. Au final, la performance nette réellement obtenue peut parfois se rapprocher davantage de 4 % à 4,5 % par an selon le contrat choisi.

« Les frais de gestion impactent sur le long terme mais, en réalité, ce sont les frais, la qualité des supports et la gestion qui distinguent un bon PER d’un mauvais », estime Andy Gougouehi.

PER : des frais très hétérogène en France

Le marché reste très hétérogène. D’après les comparatifs publiés par Finance Héros et Meilleurtaux Placement, certains PER en ligne affichent désormais 0 % de frais de versement et environ 0,5 % à 1 % de frais de gestion annuels. À l’inverse, plusieurs contrats traditionnels appliquent encore entre 2 % et 5 % de frais d’entrée, auxquels peuvent s’ajouter des frais plus élevés sur certains supports financiers.

Pour Andy Gougouehi, des frais de gestion « autour de 1 % maximum » et des frais de versement ne dépassant pas « 1,5 % » constituent aujourd’hui des niveaux cohérents sur le marché. Mais des frais plus élevés ne signifient pas automatiquement qu’un PER est moins intéressant. « On peut avoir peu de frais mais une mauvaise gestion. À l’inverse, une bonne gestion peut compenser des frais plus élevés », rappelle le conseiller.

Avant de signer, les spécialistes recommandent donc de ne pas se limiter au rendement affiché ou aux seuls frais du contrat. Comprendre les supports choisis, le mode de gestion, les garanties souscrites et les coûts réellement prélevés reste essentiel pour arbitrer correctement son placement retraite sur le long terme.