Les annonces des rendements 2025 des fonds en euros tombent en ce début d’année 2026, avec parfois de bonnes surprises. Les meilleurs contrats affichent des taux compris entre 3% et 4%.

Mais prudence à la lecture de ces chiffres. Les assureurs communiquent sur des taux de rendement «nets de frais de gestion», mais pas nets de prélèvements sociaux. Pour comprendre le montant final crédité sur votre contrat, en «net, net», il vous faut tenir compte des prélèvements sociaux.

En effet, en assurance vie, tous les gains sont soumis aux cotisations sociales, aujourd’hui fixées à 17,2%. À noter que l’assurance vie a échappé à la hausse votée dans le budget 2026 de la Sécurité sociale, qui porte ces taxes à 18,6% pour de nombreux autres placements. Que vous choisissiez un fonds en euros ou sur des unités de compte (UC), vous devez payer cette contribution de 17,2% sur vos gains. La différence réside dans le moment du prélèvement, ce qui peut légèrement modifier le rendement.

Fonds en euros : un prélèvement annuel au fil de l’eau

Sur les fonds en euros, les prélèvements sociaux sont ponctionnés chaque année, automatiquement, depuis 2011. Concrètement, lorsque les intérêts sont crédités, souvent le 31 décembre, l’assureur retient 17,2% et reverse la somme à l’État.

Par exemple, vous placez 10 000 euros sur un fonds en euros affichant un rendement annuel de 3% nets de frais de gestion. La première année, vous gagnez donc 300 euros d’intérêt. Mais ces 300 euros sont immédiatement prélevés de 17,2%, soit 51,60 euros, ce qui ramène votre gain net à 248,40 euros. Votre capital passe ainsi à 10 248,40 euros. Le taux «net net» n’est donc pas de 3% mais de 2,48%.

L’année suivante, les intérêts sont calculés sur cette base, et ainsi de suite. En retenant l’hypothèse, très théorique, d’un rendement moyen de 3% par an, votre capital atteindrait au bout de dix ans 12 780,88 euros, les cotisations ayant été réglées progressivement, au fil de l’eau.

Unités de compte : l’addition à la sortie

Pour les UC, le mécanisme est différent. Tant que vous ne faites pas de rachat, aucun prélèvement social n’est effectué.

Reprenons les mêmes 10 000 euros, investis cette fois en unités de compte avec un rendement annuel moyen de 3% (plus-value ou dividendes). Les marchés étant volatils, c’est une hypothèse très théorique. La première année, vous gagnez 300 euros qui ne sont, eux, pas taxés au fil de l’eau. Au bout de dix ans, votre capital atteint 13 439 euros.

C’est au moment où vous sortez l’épargne investie dans les UC que les cotisations sociales de 17,2% s’appliquent, uniquement sur les gains cumulés qui s’élèvent dans notre exemple à 3 439,16 euros, soit 591,53 euros. Net de cotisations, vous récupérez donc 12 847,63 euros.

Résultat : dans cette simulation, les UC rapportent environ 67 euros de plus qu’un fonds en euros à rendement égal. Un très léger avantage, dû uniquement au fait que la taxe est payée plus tard.

Tous ces détails figurent sur votre relevé annuel, que vous recevrez dans les semaines à venir. Scrutez-le attentivement : c’est le seul moyen de savoir exactement combien rapporte votre contrat, «net-net».

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