Le Plan d’Épargne Retraite est un placement qui permet de se constituer une épargne longue pour préparer la fin de sa vie professionnelle. Il a l’avantage de proposer une déduction fiscale à l’entrée et, au moment de la liquidation (à la retraite ou après), les épargnants doivent faire un choix. Sortir en rente viagère, en capital, ou (solution moins connue), combiner les deux. Une liberté que n’offraient pas les anciens PERP ou contrats Madelin, qui imposaient la rente. Chacune de ces possibilités a son avantage.

La sortie en capital offre une plus grande flexibilité, mais la fiscalité est plus lourde, et vous pouvez finir par épuiser le capital. La sortie en rente a l’avantage de la sécurité financière, mais elle est irrévocable une fois choisie et vous pouvez être perdant en cas de décès prématuré. Selon les chiffres du marché 2026, environ 70 % des détenteurs de PER choisissent aujourd’hui une sortie en capital, contre 20 % en rente et 10 % en mode mixte, selon Odin Capital.

La rente viagère, sécurité du revenu mais perte du capital

« Le choix entre sortir en rente ou en capital va dépendre de la typologie de la personne », explique Benjamin Pedrini, cofondateur et directeur général d’Epsor, spécialiste de l’épargne salariale. « L’avantage de la rente, c'est qu’elle permet de générer un revenu récurrent, régulier et stable. Si on a vraiment besoin d’un complément de rémunération stable, c’est plutôt adapté. » Le principe est simple : l’assureur convertit le capital accumulé en versements mensuels à vie, sur la base de tables de mortalité. Plus le rentier est âgé à la conversion, plus la rente est élevée, puisque l’assureur paiera moins longtemps.

« Il n'y a pas de formule universelle, ça dépend des assureurs, de l’épargne accumulée, de votre âge… Les assureurs utilisent des tables de mortalité pour considérer la durée de la rente », précise notre expert. Pour donner un ordre de grandeur, il estime que « pour obtenir 1 000 euros de revenu supplémentaire par mois de rente viagère, il faut avoir accumulé environ 300 000 euros de capital. » Un chiffre valable pour une sortie à 65 ans environ. Le revers de la médaille est connu, mais peut-être sous-estimé.

« Le gros inconvénient, c’est qu’on confie tout le capital qu’on a accumulé à un assureur. Si on décède dans les quelques années qui suivent la souscription de la rente, on perd tout son capital », expose Benjamin Pedrini. Le capital est définitivement aliéné : l’assureur devient propriétaire des fonds, et les héritiers ne touchent rien. Pour éviter ce scénario, l’option de réversion permet au conjoint survivant de continuer à percevoir la rente après le décès, à hauteur de 50, 60 ou 100 % selon le taux choisi. Mais cette protection se paie. « Le montant de la rente est plus faible, car cela représente un coût pour l'assureur, et le montant de la réversion n’est pas la totalité de la rente », rappelle Benjamin Pedrini.

La sortie en capital, la liberté à manier avec précaution

L’autre option, c’est de garder la main sur son patrimoine. « Le fait de garder un capital, et d’avoir un capital dans lequel on peut piocher en fonction de ses besoins, peut être plus pertinent. Vous restez propriétaire de votre capital et vous pouvez l'utiliser comme bon vous semble », résume Benjamin Pedrini. La liberté est totale : retirer en une fois, fractionner sur plusieurs années, ou laisser fructifier le solde. En cas de décès, ce qui reste sur le PER est transmis aux bénéficiaires désignés dans la clause, avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire en franchise d’impôt si le titulaire décède avant 70 ans.

La fiscalité, cependant, peut piquer en cas de retrait massif. Si les versements ont été déduits à l’entrée, ils sont réintégrés au barème progressif de l’impôt sur le revenu l’année du retrait, sans bénéficier de l’abattement de 10 % accordé aux pensions. Les gains, eux, sont soumis à la flat tax de 31,4 % en 2026 (18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier). Pour un capital de 200 000 euros retiré d’un coup, le risque est de basculer dans la tranche à 41 % et de payer beaucoup plus d’impôts qu’en lissant les retraits sur plusieurs années.

Benjamin Pedrini évoque ainsi un autre mode de sortie : au capital, mais régulier. « Certains acteurs comme Epsor proposent d’avoir des versements réguliers depuis son PER, depuis son capital accumulé. Le reste investi, de façon plus sécurisée ». Il évoque ainsi la possibilité de mettre en place un retrait automatique et mensuel, par exemple de 200 euros par mois. Pendant ce temps, le capital non retiré continue de fructifier, et le retraité conserve la propriété de ses fonds. Mais attention, selon le temps, le capital peut finir par s’épuiser.