Delphine* est inquiète. Cette technicienne retraite à la Caisse nationale de l’Assurance vieillesse (Cnav), qui verse la retraite de base aux salariés et aux indépendants, a dans son portefeuille clients 140 dossiers. En rythme de croisière, ce chiffre doit plutôt tourner autour de 70. “À ce niveau, on est à l’aise dans son travail, témoigne-t-elle. Dès que l’on dépasse 100, cela devient plus compliqué à gérer.” Aujourd’hui, elle est en suspension de dossier, c’est-à-dire qu’elle ne prend plus de cas de nouveaux retraités. “Nous avons déjà des conditions de travail avec beaucoup de pression pour atteindre des objectifs. Avec la réforme, la pression risque de devenir encore plus forte”, s’inquiète-t-elle.

À un mois de la mise en place de la réforme des retraites, la direction se veut pourtant rassurante, affirmant que les délais seront bien tenus, sans pression supplémentaire. Depuis le 10 juillet, les logiciels utilisés par les techniciens ont été mis à jour pour intégrer les nouveaux paramètres de la réforme des retraites, comme le report de l’âge légal ou les nouvelles bornes d’âge pour les départs anticipés pour carrière longue. “Dire que l’on est fin prêt, c’est exagéré”, estime de son côté Amandine*, conseillère retraite syndiquée dans une Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) des Pays de la Loire. “Nous sommes prêts sur les questions de report de l’âge, mais sur des éléments plus techniques comme la pénibilité, nous sommes un peu plus inquiets car nous avons tout à construire”, pondère Grégory Thomas, délégué syndical central de la CFTC.

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